‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 120 sur 239 · A\'.\i)i)iN(;, Annal. Mi)ior., ad anii. riio, n · texte numérisé non relu

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lier. Il disait : « Mes Frères, que chacun tienne compte de sa nature; bien qu'à Tun il faille moins de nourriture qu'à un autre, je ne veux pourtant pas que celui qui ressent un plus grand besoin imite son confrère ; il doit au contraire donner le nécessaire à son corps. Car de même que nous devons nous garder de tout excès en nourriture, ce qui aurait pour conséquence de nuire au corps et à Fesprit, de même nous devons aussi veiller à ne pas excéder dans la tempérance. Dieu veut la miséricorde et non le sacrifice. » François fut obligé d'en venir à ces remarques parce qu'il y avait nombre de Frères qui allaient si loin dans leurs mortifications qu'ils en devenaient malades (i).

La pénitence et le renoncement sont nécessaires à tous, personne toutefois n'est tenu à cette rigueur que nous admirons dans les disciples de François. La modération et la prudence dans la direction des âmes sont deux conditions indispensables pour éviter Fexcès des ménagements exagérés et des rigueurs extrêmes, ces excès amènent rapidement la fatigue, produisent le découragement et la mollesse, et par là même vont à rencontre du but poursuivi, ainsi que renseigne l'expérience.

François fut réellement le directeur modéré et prudent; il excitait, il est vrai, il poussait en avant; mais il s'efforçait de modérer le zèle exagéré et mal compris. Ses exhortations n'ob-

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