‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 122 sur 239 · FLEURS ET FRUITS DU JARDIN SÉRAPHIQUE · texte numérisé non relu

FLEURS ET FRUITS DU JARDIN SÉRAPHIQUE

Nous devons à François de faire connaître ici quelques-uns de ses disciples, ceux du moins qui vécurent avec lui, partagèrent réellement sa vie et furent formés par lui d'après les principes développés plus haut, et Fassistèrent à sa mort.

A la vérité, nous ne trouvons rien sur eux dans les écrits des anciens biographes, mais nous pouvons suivre avec confiance la Chronique des ministres généraux, Wadding et autres auteurs. Nous puiserons également dans les Fioretti (i), qui, bien que dénuées de caractère historique, n'en sont pas moins connues de tous les historiens modernes ; nous avons la conviction que le fond de Touvrage est vrai, malgré sa forme poétique, et que, mieux qu'un autre, il dépeint le véritable esprit, le caractère des premiers disciples, et par suite de François luimême. Les Fioretti ne parlent que de quelques fleurs du jardin séraphique, il nous serait facile de les multiplier, toutefois nous ne voulons pas mettre à l'épreuve la patience de nos lecteurs.

I. Fioretti di S. Francesco, Petites Fleurs de saint François. — Elles datent du xiv* siècle, leur auteur est inconnu; la forme et la langue en sont classiques, c'est pourquoi elles sont connues et aimées en Italie.

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Laissons de côté les FF. Bernard de Quintavalle, Pierre Catane et Egide, ils nous sont déjà connus et nous les rencontrerons souvent sur notre route ; présentons d'autres figures dont chacune nous révélera un trait particulier de la vie de François ; on peut les considérer comme de véritables types de la famille franciscaine.

Le premier qui s'offre à nous est le Fr. Sylvestre d'Assise. C'était un bon prêtre (i), qui cependant paraissait tenir un peu trop aux biens temporels. François lui avait acheté des pierres pour la restauration de Saint-Damien, et les lui avait payées selon leurs conventions. Mais lorsque Sylvestre vit que Bernard de Quintavalle distribuait ses biens aux pauvres, par l'mtermédiaire de François, il se repentit d'avoir conclu le marché si légèrement avec celui-ci. Dès que le Saint en fut informé, il prit sans compter de l'argent à pleines mains, se rendit chez le prêtre mécontent, et lui remit le tout en disant : « Êtes-vous satisfait maintenant du paiement? — Oui », répondit Sylvestre, qui s'en alla réjoui (2), mais pourtant un peu humilié. Il n'était pas précisément un ami des Frères-Mineurs (3), Cependant il vint à réfléchir sur l'indignité de sa conduite ; il en eut du remords et encore plus de honte. « Ne suis-je

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