‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 125 sur 239 · Bf.rnari). a Bessa, De iMudihus li. F., c. v. — Wad · texte numérisé non relu

Bf.rnari). a Bessa, De iMudihus li. F., c. v. — Wad

DINC, Annal. .\/i)ior., ad riiin. rjio. n. 'A-2.

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toutes les sciences, et toutes les écritures, s'il pouvait prophétiser et révéler, non seulement les choses futures, mais encore les secrets des consciences et des âmes, écris que là n'est pas la joie parfaite. * Puis, avançant de quelques pas, il reprit : « O Frère Léon, petite brebis du bon Dieu, quand le Frère-Mineur parlerait la langue de Fange, quand il saurait le cours des étoiles et la vertu des plantes, et que tous les trésors de la terre lui seraient révélés, et qu il connaîtrait les propriétés des oiseaux, des poissons et de tous les animaux, et des hommes et des arbres, et des pierres, et des racines, et des eaux, écris que là n'est pas la joie parfaite. » Enfin il ajouta : « Frère Léon, lors même que le Frère-Mineur saurait si bien prêcher qu"il convertirait tous les infidèles à la foi du Christ, écris que là n'est pas la joie parfaite. »

Après que François eut parlé ainsi pendant l'espace de deux milles et qu'il eut excité au plus haut degré Tattention de son compagnon, celui-ci donna cours à sa curiosité en disant : « Père, je te prie, au nom de Dieu, dis-moi donc en quoi consiste la joie parfaite ? » Le Saint répondit : « Frère Léon, quand nous serons à Sainte -Marie des Anges, ainsi trempés de pluie, transis de froid, souillés de boue, mourant de faim, et que nous frapperons à la porte du couvent, et que le portier viendra en colère nous demander : « Qui êtes-vous ? » et quand nous lui dirons : « Nous sommes deux de vos « Frères », et qu'il répondra : « Vous ne dites

« pas vrai ; vous êtes deux ribauds qui allez « trompant le monde et dérobant les aumônes « des pauvres. Allez-vous-en ! » Et s'il ne nous ouvre pas et nous laisse dehors à la neige, à la pluie, avec le froid et la faim, pendant toute la nuit, alors, si nous supportons tant d'injustice, de dureté et de rebuts, sans murmure et sans plainte, et en remerciant Dieu d'avoir permis que le portier nous dise la vérité, ô Frère Léon, écris que là est la joie parfaite. Et si nous persistons à frapper, et que lui sortant tout en colère, nous chasse comme des coquins et des voleurs, avec des injures et des soufflets, disant : « Hors « d'ici, misérables voleurs, allez-vous-en à Thô- « pital, car vous ne mangerez ni ne logerez « ici. 1» Si nous supportons cela avec patience et allégresse, avec amour, alors. Frère Léon, écris que là est la joie parfaite. Et si, forcés par la faim, le froid et la nuit, nous frappons encore, appelant et demandant pour Tamour de Dieu, avec beaucoup de larmes, que le portier ouvre et nous mette seulement à l'abri, et que lui, encore plus irrité, s'écrie : « Quels imperti- « nents coquins ! je saurai bien m'en débar- « rasser », et s'armant d'un gros bâton noueux, nous saisit par le capuchon, nous jette à terre, nous roule dans la neige et nous accable de coups sur tout le corps, si nous supportons tout cela avec patience et joie, pensant aux cruelles souffrances et à la mort du Christ béni, ô Frère Léon, écris que là enfin est la joie parfaite. Maintenant, Frère, écoute la conclu-

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sion. Au-dessus de toutes les grâces et de tous les dons de FEsprit-Saint, que Notre-Seigneur accorde à ses amis, est celui de se vaincre soimême pour Tamour du Christ, de soutenir volontiers les peines, les injures, les opprobres et les mésaises. Car de tous les autres dons de Dieu, nous ne pouvons nous glorifier, puisqu'ils ne viennent pas de nous, mais de Dieu, selon cette parole de TApôtre : « Qu'as-tu que tu n'aies de « Dieu ? et si tu Tas eu de lui, pourquoi t'en « glorifier comme si tu l'avais de toi (i) ? » Mais nous pouvons nous glorifier dans la croix, la tribulation et Tadversité, parce que ces choses sont à nous, ainsi que dit l'Apôtre : « Je ne veux « me glorifier en rien autre chose qu'en la croix « de Notre-Seigneur Jésus-Christ (2). »

Un autre jour, dans les premiers temps de rOrdre, alors que les Frères ne récitaient pas encore le bréviaire (3), François faisait route avec le Fr. Léon. Vers l'heure de matines, il dit à son compagnon : « Frère Léon, nous n'avons pas de bréviaire pour dire les matines. Cependant pour employer notre temps à louer Dieu, je vais vous dire ce que vous aurez à répondre: Vous aurez soin de ne rien changer à ce que je dirai. Je dirai donc : Frère François,

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