I. Fioretti. c. viii
devait se tenir le jugement de Dieu. Une foule innombrable vint s'y rassembler; les trompettes des anges se firent entendre; deux échelles, dont Tune blanche et Tautre rouge, descendirent du ciel. Notre-Seigneur se tenait au sommet de la seconde ; son visage était sérieux, sévère, presque menaçant. François, qui se trouvait un peu plus bas, sur la même échelle, invitait ses enfants à monter avec confiance, car le Seigneur le voulait et le désirait ainsi. Les Frères se mirent à monter, mais tous tombèrent; les uns, du troisième échelon, les autres, du quatrième, et d^autres encore de plus haut. Troublé par la chute des siens, François les engagea à essayer l'ascension sur l'échelle blanche; elle ne devait off'rir aucun danger. Ils s'approchèrent donc de celle-ci et- virent, au sommet, la sainte Vierge qui les invitait avec douceur et bienveillance à tenter la montée. Ils parvinrent, en efî'et, à atteindre l'extrémité, soutenus puissamment par la Reine du ciel qui les accueillit avec joie (i).
Cette apparition apprenait à Fr. Léon et nous apprend à nous-mêmes que personne n'est trouvé assez pur aux yeux de Dieu, mais que, avec la protection de Marie, tous ceux qui implorent son secours peuvent être sauvés.
Fr. Léon eut une autre vision non moins instructive : Il se trouva sur le bord d'un fleuve large et rapide cjuc beaucoup d'hommes cher-
1. Fiorctti, c. xxxv. — Waddinc;, Annal. Minor., nd ann. 12:^2, n. 28. — Chron., loc. cit.. p. 71.