‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 128 sur 239 · I II · texte numérisé non relu

I II

l62 AIE DE SAINT FRANÇOIS D' ASSISE

chaient à franchir. Il y avait aussi des Frères- Mineurs qui essayaient de le traverser. Quelques-uns d'entre eux étaient chargés de lourds fardeaux ; ils furent entraînés par le courant dès qu'ils entrèrent dans Feau ; d'autres s'avancèrent jusqu'au milieu du fleuve, d'autres encore plus loin, et quelques-uns même arrivèrent presque à la rive opposée, selon la charge qu'ils portaient, mais tous périrent. Fr. Léon eut grande pitié de ces malheureux. Sur les entrefaites, il vit venir une multitude de Frères qui, n'ayant aucun fardeau, franchirent le fleuve sans difficulté et atteignirent l'autre bord. A ce moment, Fr. Léon se réveilla; il raconta ce songe à François, alors malade, qui, après l'avoir écouté, lui dit : « Frère Léon, ce que vous avez vu est vrai. Le grand fleuve, c'est le monde; ceux qui se noyaient représentaient les Frères contempteurs des conseils évangéliques, et, en particulier, de la sainte pauvreté; ceux qui franchissaient le fleuve sans difficulté étaient les Frères qui ne recherchaient rien des choses de ce monde, qui ne possédaient rien, qui se contentaient du nécessaire dans la nourriture et le vêtement, et qui suivaient Jésus tout nu sur la croix, et qui portaient volontairement et. avec joie le poids et le joug suave du Christ et de la sainte obéissance. C'est pourquoi ils passent facilement de cette vie mortelle à la vie éternelle (i). »

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