‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 131 sur 239 · I. Chron., loc. cit., p · texte numérisé non relu

I. Chron., loc. cit., p

FLEURS ET FRUITS iQS

Le bienheureux Père qui, non seulement connaissait Rufin, mais aussi la perfidie du démon, s'efforça de tirer son compagnon de Terreur. Mais ce fut difficile. Rufin prétendait que des anges lui étaient apparus et Tavaient instruit dans la vie spirituelle. « Pendant que je vous parle, dit-il au Saint, je suis entouré de troupes d'anges parmi lesquels un d'eux se distingue par sa beauté; ils m'encouragent dans mon nouveau genre de vie. » Alors François commanda au démon d'apparaître sous sa véritable forme, elle fut si horrible que Rufin se trouva guéri pour cette fois de son illusion (i). . Cependantil éprouva encore l'astuce du démon. Cheminer joyeusement avec la persuasion d'être dans la bonne voie, mais se tromper et ne s'en apercevoir qu'en arrivant au bord de l'abîme, c'est là une affreuse désillusion. Il est pourtant quelque chose de plus terrible. Si, plein de sécurité, on marche à grands pas, et qu'après avoir franchi une longue distance, on sente les forces décliner de plus en plus, que la nuit survenant on défaille en disant : « Je ne puis aller plus loin ! » que l'obscurité, les dangers et les terreurs, grossis par l'imagination, assaillent le voyageur, n'est-ce point là la plus affreuse situation qu'on puisse se figurer ? Elle est pire que de se trouver étendu, broyé par la chute au fond d'un précipice ; c'est la paix dans le désespoir. Rufin se trouva dans ces deux situations. En premier

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