CÉI.ANO, Vita /. I. 1. c. I
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l6 VIE DE SAINT FRANÇOIS D' ASSISE
être trop tendre, enfant d'une époque sensuelle, et disposant de beaucoup d'argent, il aimait les festins somptueux, les réunions et les sociétés bruyantes, et savait s j faire valoir. Partout où Ton s'amusait, même follement, de jour et de nuit, il n y manquait pas. Richement et élégamment vêtu, il parcourait, à la tête de bandes joyeuses, les rues de la ville, chantant et criant, et régalait ses camarades à grands frais. Ce genre de vie exigeait de l'argent. Ses parents voyaient d'un mauvais œil ces dépenses, et pensaient avec raison qu'elles convenaient mieux au fils d'un prince qu'à celui d'un marchand. Mais c'était en vain; François continuait à dissiper de grandes sommes, et Bernardone et Pica y trouvaient leur satisfaction, parce qu'ils étaient riches, qu'ils chérissaient leur fils et qu'ils voyaient avec plaisir que toute la ville d'Assise s'occupait de lui (i). Lorsqu'on reprochait à François ses folles équipées, Pica prenait sa défense, elle était convaincue que la grâce divine ferait quelque chose de bien de son enfant (2). Cette vanité et cet amour du plaisir, ainsi que la fréquentation des jeunes gens qui ne connaissaient guère d'autre but à la vie que l'amusement et les distractions, auraient pu devenir dangereux pour le jeune homme ; mais Dieu, qui, selon la parole de saint Bonaventure(3), l'avait