‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 16 sur 239 · JEUNESSE DE FRANÇOIS I · texte numérisé non relu

JEUNESSE DE FRANÇOIS I

choisi de toute éternité, le couvrit d'une protection Spéciale, et entoura sa jeune âme de qualités qui la tinrent éloignée de la corruption. En effet, François unissait en lui la gaieté naturelle, la liberté et Taisance des manières avec la décence et la dignité, qui le protégèrent spécialement contre tout ce qui touchait aux mœurs. Ni légèreté ni badinage, ni vanité ni suffisance ne firent jamais jaillir de ses lèvres une parole inconvenante. Une répondit jamais aux plaisanteries de mauvais goût, car il détestait de toute son âme ce qui est bas et commun, en particulier ce qui était contraire à la sainte pureté. En outre, il ne connaissait ni Favidité, ni Favarice, et se montrait plein d'amour et de condescendance pour le prochain. Il avait pris la ferme résolution de ne jamais parler désavantageusement de qui que ce fût (i).

Cet instinct naturel de bienséance, de réserve et de pudeur, ainsi que ses ménagements et son amour pour ses concitoyens, firent que les habitants d'Assise passèrent sur les imperfections et les fautes de jeunesse de François; volontiers ils crurent qu'il serait appelé par Dieu à quelque chose d'extraordinaire, et que la plénitude des bénédictions et des grâces divines se répandrait un jour sur lui (2). Plusieurs même poussèrent la vénération jusqu'à lui en donner des témoignages publics. Un jour qu'il était somptueusement vêtu, il fit la rencontre

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