‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 171 sur 239 · I. s. BONAV., C. IX, n · texte numérisé non relu

I. s. BONAV., C. IX, n

DOUTES RELATIFS A LA PRF:DICATI0N 221

Cependant il ne put conserver au même degré ce feu divin; il fut parfois sombre, mal disposé, triste et inconsolable, sans pouvoir néanmoins en donner le motif, ainsi que cela arrive fréquemment à notre pauvre cœur. Tl soupirait alors de toutes manières après son bien-aimé. Comme la fiancée du Cantique des cantiques, il s'écriait : « Indique-moi, ô toi que chérit mon âme, où tu fais paître, où tu reposes à midi, afin que je ne m'expose pas à m'égarer à la suite des troupeaux de tes compagnons (i). » A cet état venait s'ajouter le doute de savoir si cet amour inactif plaisait au Bien-Aimé, ou si celui-ci ne trouverait pas plus agréable de le voir délivré de ces ardeurs et rendu à la vie active. Cette incertitude le mit dans le plus grand trouble (2). Il y demeura assez longtemps. Il consulta souvent ses Frères les plus intimes pour savoir s'il devait s'adonner uniquement à la prière ou parcourir le monde en prêchant (3).

« Mes Frères, leur dit-il, que me conseillezvous? Pensez-vous qu'il vaille mieux que je vaque à l'oraison ou que je me livre à la prédication? Je suis un pauvre homme simple et inhabile à parler : j'ai reçu une grâce plus grande pour la prière que pour la prédication. Il me semble qu'il y a à gagner dans l'oraison et qu'on y recueille une grande abondance de grâces;

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