CHAPITRE XVIII
LETTRES DE FRANÇOIS A LA CHRETIENTE (1212-12x3)
Peu après son retour, François fut pris d'une fièvre tierce qui se transforma bientôt en fièvre quarte. Dès que Tévêque Guido en fut informé, il fit transporter son ami au palais épiscopal et ïy fit soigner avec la plus grande sollicitude. Le malade n'accepta qu'à regret ce témoignage de sympathie, car il n'aimait pas à se séparer de ses Frères, et il eût préféré, pour l'amour de Jésus-Christ, souff'rir avec joie la pauvreté en même temps que la maladie. Il ne s'accorda d'ailleurs que peu de repos pendant cette épreuve, sans se relâcher de ses austérités habituelles. De son lit de souff'rance il mena les afi'aires de l'Ordre, conseilla les Frères dans leurs difficultés, et reçut de nouveaux candidats. Ceux-ci se présentaient souvent au nombre de trente ou de quarante à la fois au palais de l'évéque, où les Frères et les novices entraient librement (i).
Les souff'rances sont le brasier où For de la vertu est éprouvé. L'homme vertueux, le saint ne fuit pas la douleur, il la recherche, l'embrasse joyeusement, parce qu'elle est pour lui la preuve de l'amour de Dieu.