‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 20 sur 239 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

A LA BIFURCATION DE LA ROUTE (l 204-1205)

Quadviendra-t-il de cet enfant, de ce jeune homme, doué de qualités si brillantes mais si dangereuses, qui boit à longs traits à la coupe des plaisirs, et qui porte cependant la marque évidente de l'élection divine? Ce qu'il en adviendra? L'histoire va nous le dire.

François était appelé à de grandes et nobles destinées. Dieu avait sur lui des vues spéciales; il voulait en faire un grand fondateur d'ordre, un des plus grands apôtres des peuples, un réformateur de la vie morale et religieuse parmi les nations chrétiennes, un puissant soutien de rÉglise, un saint extraordinaire, une merveille de la grâce; il voulait, par l'impression des stigmates, en faire sa plus fidèle image.

François lui-même se sentait appelé à quelque chose de plus élevé et de meilleur c^u'à de folles équipées à travers les rues d'Assise, ou qu à de royales parades. Il voulait devenir célèbre, et, dans ce but, il saisira toute occasion pour acquérir quelque gloire mondaine, ainsi que nous le verrons bientôt. Tout, et particulièrement Dieu, l'appelaient vers les choses élevées. Il entendit cet appel, mais pendant

VIE DE SALXT FMANÇOIS D ASSISE

longtemps il ne le comprit pas et l'interpréta mal.

A peine revenu de captivité, François tomba gravement malade; il fut tellement affaibli que, durant la convalescence, il ne put se traîner à travers la maison paternelle qu à Taide d'un bâton.

Les maladies sont la marcjue des miséricordes divines ; elles sont des grâces naturelles qui disposent à la réception des grâces surnaturelles. Elles montrent la vanité et la fragilité des biens terrestres, détachent le cœur de la matière, et obligent Thomme à lever les regards vers celui qui est le maître de la santé et de la maladie, de la vie et de la mort.

L'épreuve de la maladie procura ces bienfaits à François. Sur son lit de douleur, il se prit à réfléchir pour la première fois sur sa vie légère et désordonnée. Il fut si pénétré du néant des choses terrestres que lorsqu'il put sortir d'Assise pour se réconforter au grand air, il ne trouva plus aucun charme à la belle nature qui se déroulait devant ses yeux. Il ne comprit pas comment il avait pu aimer ces choses, ni comment d'autres peuvent s'y attacher. Il ne se comprit plus lui-même. « Pour la première fois, dit Thomas Célano (i), il s'estima de peu de valeur, f La conversion était commencée.

Cependant, les maladies seules rendent rarement les hommes meilleurs; elles passent et.

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