I. CÉLANO, Vita 1, 1. I, c. 1, n
avec elles, disparaissent en grande partie les impressions morales qu'elles avaient procurées, mais elles servent dans l'avenir de points de départ à Faction de la grâce. Il en fut ainsi pour François. A peine rétabli, il retomba dans ses rêves de grandeur et de puissance mondaines, et son cœur s'éprit de nouveau de tout ce qui lui avait déplu auparavant (i). La maladie ne laissa en lui d'autre trace qu'un plus grand amour pour les pauvres ; il devint plus généreux à leur égard. C'est ainsi qu'il rencontra un jour un homme d'armes, dont le vêtement misérable lui inspira une grande pitié. Il se dépouilla aussitôt de ses somptueux habits, les donna au malheureux, et se sentit joyeux de l'avoir tiré du besoin et de la honte (2).
Dieu, qui rémunère abondamment le bien fait au prochain, récompensa François de sa noble action en lui envoyant, la nuit suivante (3), un songe mystérieux. Il eut, en effet, la vision d'un grand palais (4), rempli d'armes marquées du signe do la croix ; les murs et les parois étaient ornés de boucliers et d'autres attributs guerriers. Étonné, il demanda pour qui étaient ces