‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 212 sur 239 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

PREMIÈRE VISITE DE l'ALVERNE 276

encore atteint les huttes des Frères. Le soleil dardait des rayons brûlants et la soif tourmentait les voyageurs. Tout à coup, le paysan s'arrêta en s'écriant : « Je vais mourir, si je ne trouve pas à boire. > François eut compassion de lui; il descendit de sa monture, se jeta à genoux et pria, puis montrant un grand rocher, il dit : « Allez promptement à cet endroit; vous y trouverez de Teau fraîche. Jésus-Christ, dans sa miséricorde, permet qu'elle jaillisse de ce roc, afin que vous puissiez vous désaltérer. » Le paysan alla à la recherche de la source, la trouva et étancha sa soif. Dans la suite, on fouilla en vain le terrain, on ne la découvrit plus ; le roc était sec comme auparavant (i). Saint Bonaventure (2), qui raconte aussi ce miracle, s'écrie : « O surprenante bonté de Dieu qui donne satisfaction à ses serviteurs avec une si paternelle condescendance. »

Après que le groupe se fut, sans doute, rafraîchi à la source miraculeuse, François s'assit au pied d'un gros chêne pour se reposer un instant. A peine y était-il qu'il fut environné d'une nuée d'oiseaux qui voltigèrent autour de lui et se posèrent sur sa tête, sur ses épaules et ses mains, en témoignant une joie extraordinaire. Le Saint dit alors à ses compagnons : « Mes Frères, il me semble que Dieu désire que nous demeurions ici, puisque notre arrivée cause tant

1. Wadding, Annal. Mmor., ad ann. I2i5, n. 12. — CÉLANO, Vita II, p. II, c. XV.

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