Acta SS., loc. cit., p. 890. — Papini, loc. cit., p
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Ainsi que nous le savons, François priait souvent pour la conversion des pécheurs. Dans ce but, il passait des nuits entières en oraison, pleurant, soupirant, se donnant la discipline et se roulant dans la neige et les épines. C'est ainsi qu'il passait une nuit à Assise, dit Teobaldo, lorsqu'il reçut la révélation qu'il devait se rendre à Pérouse, auprès du Pape, pour lui demander une indulgence en faveur de Féglise de la Portioncule restaurée. Le lendemain, accompagné de Fr. Massée de Marignan, il partit pour Pérouse, où il trouva le pape Honorius auquel il dit : « Saint-Père, il y a peu de temps, j'ai restauré une église en Fhonneur de la sainte Vierge, mère de Jésus-Christ. Je viens prier Votre Sainteté de vouloir bien accorder à ce sanctuaire une indulgence sans obligation d'offrande. — Cela ne peut se faire aisément, répondit le Pape, car celui qui désire une indulgence doit faire un acte de charité. Mais dites, pour combien d'années la désirez-vous? et quel genre d'indulgence voulez-vous? » François répliqua : € Je ne demande pas des années, mais des âmes. — Comment voulez-vous des âmes? » reprit le Pape. « Saint-Père, répartit François, de la manière suivante : qu'il plaise à Votre Sainteté de délivrer des peines du péché, dans le ciel et sur la terre, à partir du jour de leur baptême jusqu'à celui de leur entrée dans cette église, tous ceux qui y viendront après s'être confessés et repentis humblement et avoir été absous par les prêtres. — Vous demandez beaucoup, dit le
Pape; il n'est pas dans Tusage de ]a curie romaine d'accorder de semblables indulgences. — Seigneur, reprit François, je ne le demande pas de moi-môme, mais au nom de Jésus-Christ qui m'a envoyé. — Qu'il en soit donc ainsi, dit le Pape, vous l'aurez. »
Les cardinaux présents à Pérouse ne furent pas de cet avis ; ils firent observer au Souverain Pontife que cette indulgence porterait préjudice aux indulgences accordées pour la Terre-Sainte et Téglise des Princes des Apôtres, Pierre et Paul. Le Pape répondit : « Nous l'avons accordée ; il ne convient pas de défaire ce qui est fait, et nous ne le pouvons pas; mais nous limiterons l'indulgence à une seule journée, diem naturalem. » Il appela alors François et lui dit : « Nous vous accordons qu'à partir de ce moment, tous ceux qui, étant confessés et contrits, se présenteront dans ladite église, soient absous des peines encourues et des péchés commis. Nous voulons que cette concession soit à perpétuité, mais à raison d'un jour seulement, c'est-à-dire des premières vêpres d'un jour aux secondes vêpres du lendemain, y compris la nuit (i). »
Cette restriction fut pour le Saint un coup inattendu; mais il baissa la tête humblement, sachant que le Pape avait le pouvoir d'agir ainsi.
François s'inclina donc devant la décision du Souverain Pontife et se retira. Mais celui-ci le
I. Acta SS., loc. cit., p. 891 et suiv. — Papinf, loc. cit., p. 39 et siiiv
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rappela et lui dit : « Homme simple, où allezvous? Quel gage emportez-vous de ce que vous venez d^obtenir? » François répondit : « Si Tœuvre est de Dieu, il la fera connaître; je n'ai besoin d'aucun écrit. Que la sainte Vierge soit la charte, Jésus-Christ le notaire, et les anges les témoins. » Puis il partit. En cheminant vers Assise, il s'arrêta à Colle, où il j avait une léproserie, et s j reposa. A son réveil, après avoir prié, il appela son compagnon et lui dit : « Fr. Massée, je vous assure que Findulgence qui m'a été accordée par le Pape, sur la terre, a été confirmée par Dieu dans le ciel (i). »
Tel est le récit de Teobaldo. Il donne ensuite, comme preuve de l'authenticité de lindulgence, les paroles des FF. Massée et Léon, et, à l'appui de sa publication, il mentionne le témoignage de Zalfani. Il ajoute que cette indulgence fut connue dans le monde entier, qu'on vint d'Italie, de France et d'Espagne, en foule à Assise, pour la gagner; que des papes, comme Boniface VIII, du temps de Teobaldo, envoyèrent des délégués, le 2 août, à Assise, pour la fête de l'indulgence^ et que des cardinaux allèrent en personne à la Portioncule, confirmant et justifiant ainsi la foi à l'indulgence (2).
Le lecteur attentif n'aura pas manqué de constater que lors de la concession de l'indulgence, il y eut entre le Pape et François une sorte de
1. Acta SS., loc. cit., p. 891 et saiv. — Paimnm. loc. cit., p. 3() et suiv.