CHAPITRE DE I2I7 Sl
devenez ingrats et retournez comme des chiens à votre vomissement, la colère divine s'appesantira davantage sur vous, et vos plaies seront plus grandes qu'elles ne le sont aujourd'hui. » Le peuple rentra en lui-même et fit pénitence, et les fléaux cessèrent aussitôt (i). Selon la remarque de saint Bonaventure (2), lors même qu'il grêlait dans les environs, Greccio n'en souffrait ipoint. Les plaies publiques ne reparaissaient que lorsque le peuple venait à oublier Dieu. Ce miracle, de longue durée, sinon perpétuel, ne doit pas nous étonner; les péchés attirent les punitions du ciel, tandis que la sincère pénitence les éloigne. Le peuple juif était heureux aussi longtemps qu'il vivait selon la loi; mais s'il s'en détournait, les châtiments arrivaient sans retard. Devait-il en être autrement sous la nouvelle loi? Non, certes! L'expérience de chaque jour nous apprend que plus les mœurs publiques se corrompent, plus aussi deviennent abondantes les calamités publiques. Celui qui ne voit pas cela en lisant en détail l'histoire des peuples est certainement frappé de cécité ou rempli d'orgueil et de mépris envers Dieu. A celui-ci on peut appliquer la parole du prophète : « Seigneur, vous les frappez et ils n'éprouvent pas de douleur; vous les brisez, mais ils ne veulent pas voir la correction; leur front est plus dur c[u'un roc, et ils ne veulent pas revenir (3). »