‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 238 sur 239 · CHAPITRE DE · texte numérisé non relu

CHAPITRE DE

s'en aperçut, il les fit découdre et dit à ses compagnons : « Mes Frères, je dois servir de modèle aux autres ; ma vie doit être une règle pour eux. Je sais qu'il n'y aurait point de faute à porter ce vêtement, car je sens bien que mon corps aurait besoin d'une enveloppe plus chaude, mais je vois beaucoup de mes Frères qui auraient également besoin d'un meilleur habit et qui ne peuvent se le procurer. Je dois donc subir la même privation, afin de ne pas paraître m'accorder plus de soulagement qu'à eux et comme si je n'avais aucun souci de leurs besoins. S'ils voient que je supporte la peine de bonne volonté, ils l'accepteront de même (i). »

Des miracles et de grandes vertus distinguaient François et faisaient éclater de plus en plus sa sainteté. Mais Dieu aime surtout l'humilité, c'est pourquoi, en ce temps-là, il humilia François en permettant qu'il fût soumis à de fortes tentations ; il fut réduit à un grand abattement et à une profonde perplexité ; il pria, versa des larmes, supplia ; mais en vain, la tentation ne cédait pas. Lui qui dirigeait tant d'autres dut sentir ce que c'est que d'être éprouvé et humilié par Dieu. Cependant, après une longue et incessante supplication et des souffrances patiemment endurées, le Ciel eut pitié de lui. « François, lui dit une voix, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, et que vous disiez à cette montagne : Allez-vous en de là, elle se

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