es socii, c. i, n
Dès lors celui-ci parla à plusieurs reprises d'un trésor qu'il avait trouvé, d'une perle précieuse qu'il voulait acquérir ; la noble fiancée, qu'il avait contemplée dans la vision, ne disparut plus de son souvenir (i). Il soupirait après elle, il l'aimait ; il ne lui manquait que le courage pour Facquérir. Il était comme un jeune homme passionnément épris d'une vierge, à laquelle il n'ose déclarer son amour parce qu'il se croit indigne d'elle et qu'il craint d'être rebuté. Et cependant notre converti veut et doit s'unir avec elle, avec la religion, avec Dieu. Comment réalisera-t-il ce projet?
Le meilleur moyen lui parut être le mépris de tout ce qui est terrestre. Suivant la parole de l'Evangile : « Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que, à eux, appartient le royaume du ciel (2) », il voulut acheter le ciel par la pauvreté. Et comme il reconnut en elle le vrai trait d'union avec Dieu, le désir lui vint de se trouver complètement étranger et inconnu dans quelque ville, où il pût échanger ses précieux vêtements contre les haillons d'un pauvre et mendier pour son propre entretien. Une occasion se présenta bientôt de le faire.
Il alla en pèlerinage à Rome, probablement à la fin de l'année i2o5, au tombeau des Princes des Apôtres Pierre et Paul. Arrivé dans la Ville éternelle, il fut très attristé de voir que des
1. CÉLANO, Vita I, 1. I, c. I, n. 6. — Très socii, c. i, n. 8, 12. — S. Bonav., c. i, n. 10.