S. BoNAV., c. I, n
34 VIE DE SAINT FIIANÇOIS d' ASSISE
pudeur du siècle, qui ne peut souffrir les opprobres, bien qu'ils aient été consacrés en la personne du Fils de Dieu. Ah ! qu'il commence bien à faire profession de la folie de la croix et de la pauvreté évangélique. »
Plein de joie d'avoir soutenu victorieusement répreuve à laquelle il s'était soumis, François retourna à Assise, après avoir repris ses propres vêtements (i). Il était maintenant persuadé que Dieu le réclamait pour son unique service, mais il ignorait encore sous quelle forme et dans quelle condition. A partir de ce moment, il vécut davantage dans la prière et dans les œuvres de charité chrétienne.
L'abondance de lumière intérieure que TEsprit-Saint donne à une âme, ainsi que le nombre et la grandeur des sacrifices qu'il exige d'elle, est la mesure la plus exacte des progrès réalisés dans la vie spirituelle. Si nous appliquons cette règle à François, nous dirons c{u'à cette époque, sa vie spirituelle était encore incomplète ; cependant elle était déjà très développée, car il ne manquait ni de lumières ni de consolations, non plus que de rudes épreuves et de tentations.
Un dimanche qu'il était plongé dans la prière, une voix lui dit : « François, si tu veux te soumettre à ma, volonté, il faut que tu haïsses et que tu méprises tout ce que tu as aimé jusqu'ici. Si tu te décides à agir de la sorte, tu trouveras amer et insupportable ce qui t'avait paru jus-