I. Très socii, c. i. n. lo
qu'alors doux et agréable (i). » Cette invitation divine à mépriser toute joie sensible fut pour lui un ordre sacré.
A peine eut-il pris la résolution d'obéir, qu'il fut soumis à une rude épreuve. Étant à cheval dans les environs d'Assise, il fit la rencontre dun lépreux (2). Il éprouvait un profond dégoût pour la lèpre et les malheureux qui en étaient atteints ; il ne leur faisait jamais l'aumône lui-même, et il chargeait quelqu'un de la leur remettre ; lorsqu'il était obligé de passer devant la demeure d'un lépreux, il détournait la tête et se. bouchait le nez. Quand il fut en présence du lépreux, toute sa nature se révolta. Que faire ? Eviter le malheureux et manquer ainsi à la promesse récemment exprimée ?Non, il ne le devait pas! Il surmonta sa répugnance, mit pied à terre, donna une pièce d'argent au lépreux, lui baisa la main, reçut le baiser de l'infortuné, puis remonta à cheval et s'éloigna la joie au cœur. Le fait se passa dans une plaine où la vue s'étendait au loin ; François se retourna pour revoir le mendiant ; mais celui-ci avait disparu (3). Notre Saint continua sa route en remerciant Dieu d'avoir bien voulu, sous la forme d'un lépreux, accepter de lui une aumône, et il renouvela l'engagement de combattre rt de vaincre sur-le-champ tous les mouvements de la nature, de se mépriser lui-même, et