‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 47 sur 239 · LE POETE · texte numérisé non relu

LE POETE

par nature, du moins par la charité sous l'influence de la grâce.

François lui aussi faisait de la poésie et des chants; il fut poète par nature et par grâce. Sa vive et chaude imagination, sa volonté aspirant à ridéal, ses dispositions enthousiastes constituaient des aptitudes poétiques. A ces dons naturels, il convient de joindre Tobscurité des forêts qu'il parcourait, le charme de la nature, Fardeur du soleil dont les rayons d'or perçaient répaisseur des bois, la pureté du ciel méridional, qui élève dans le cœur de Fhomme les aspirations et les désirs ; puis encore, Texcitation provenant des orages subis, le sentiment de les avoir surmontés heureusement, la pensée de voir ses vœux réalisés, enfin, et pardessus tout, Tamour et la grâce de Dieu. Qu y a-t-il d'étonnant que François ait exhalé en chants poétiques ses sentiments les plus intimes ! Ce qui avait sommeillé en lui jusqu'à ce jour fit alors irruption, vécut et agit en lui jusqu'à son dernier soupir. Sur son lit de mort même, il fera entendre son chant du cygne. Gœrres (i) dit de lui : « S'il avait ambitionné la couronne de poète, elle pouvait à peine lui échapper ; la nature l'avait doué d'une telle élévation de sentiment qu'on en trouve peu de semblable chez les troubadours, dont les œuvres sont parvenues jusqu'à nous; à la cour de l'empereur Frédéric, ami des arts et admirablement

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