I. J. G(KRRES. Saint Fran(;nis d'Assise troubadour
doué lui-même, il aurait pu aspirer et parvenir aux plus hautes distinctions ; ce que Pétrarque et Dante furent, dans la suite, pour Fltalie, François aurait pu Fêtre beaucoup plus tôt pour sa propre patrie, et la reconnaissance galante de la beauté lui eût été assurée avec la couronne de la poésie. »
François fut poète, mais il lui manquait la forme artistique, que ses poèmes reçurent plus tard par les soins de Fr. Pacifique, le roi des poètes, que nous apprendrons à connaître par la suite.
Pendant que François, saintement enthousiasmé, faisait retentir les bois des divines louanges en langue française, il fut surpris par des voleurs qui lui demandèrent qui il était : « Je suis, répondit-il, le héraut du grand Roi. En quoi cela vous regarde-t-il? » Et, de fait, ils s'en soucièrent fort peu, ils se saisirent de lui, lui arrachèrent son pauvre habit, la seule chose qu'il eût en plus de son cilice, le battirent, le maltraitèrent cruellement, et le précipitèrent dans un trou rempli de neige, en lui adressant cet ironique adieu : « Reste-là, rustique héraut de Dieu. » Plein d'allégresse de cette mésaventure, François se roula plus encore dans la neige, puis sortit de la fosse, se secoua et se remit à chanter à pleine voix les louanges du Créateur.
Le fâcheux état dans lequel il se trouvait l'obligea à frapper à la porte d'un couvent pour demander un habit. On l'accueillit et on le char-