‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 49 sur 239 · LE HERAUT DU GRAND ROI · texte numérisé non relu

LE HERAUT DU GRAND ROI

gea des plus bas offices de la cuisine, qu'il remplit en toute humilité, mais on ne lui donna point de vêtement convenable, ce qui le décida, après plusieurs jours, à quitter le monastère et à se rendre à Gubbio, où il fut bien reçu par un ami (i) et pourvu d'un pauvre vêtement (2). En peu de temps, la renommée de François se répandit dans la ville et aux environs. Le Prieur du couvent, où il avait été accueilli et traité si mal, vint lui demander pardon, par Tamour du Sauveur, pour lui-même et ses Frères (3).

A Gubbio, le Saint se dévoua au service des lépreux (4).

La lèpre, maladie horrible et contagieuse, s'était propagée d'Orient en Occident, principalement par les croisades; on la redoutait; on la fuyait; le moyen âge chrétien néanmoins la sanctifia. Le Christ avait été annoncé par les Prophètes comme un lépreux frappé et humilié par Dieu. Cela suffit au moyen âge croyant pour attribuer à la lèpre un caractère sacré. Du temps des croisades même, deux Ordres furent fondés en Orient pour la protection et le service

1. Cet ami se nommait Jacques Spada, et sa famille Spadalonga. 11 est vraisemblable que François porta cet habit pendant deux ans, c'est-à-dire jusqu'au moment où il adopta l'habit propre de l'Ordre. Ce premier habit était long comme un habit d'ermite, ce qui donna lieu à la croyance erronée que le Saint avait appartenu aux Ermites de saint Augustin. A'oir Lipsin, Camp. Iiist. S. Fr., p. 77, 78. — Aliscellan. Francescan., vol. \', p. 7(').

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