‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 53 sur 239 · Ve>s socii, c. 11, n · texte numérisé non relu

Ve>s socii, c. 11, n

n'est pas là la vie pauvre que tu as choisie ; et il faut aller de porte en porte comme un mendiant, avec une écuelle à la main, et y mettre ce qu'on te donnera. C'est ainsi que tu devras vivre pour Tamour de Celui qui naquit pauvre, qui vécut pauvre dans ce monde, qui fut attaché pauvre et nu à la croix, et qui, après sa mort, dut être enseveli dans un tombeau étranger (i). » De ce moment, il alla de porte en porte mendier ce qui lui était nécessaire. Beaucoup s'étonnèrent que le fils si délicat de Bernardone pût avaler de tels mélanges d'aliments. Lui-même en éprouva d'abord quelque dégoût; mais de même qu'il avait baisé des plaies purulentes pour l'amour de Dieu, de même il parvint à se maîtriser sur ce point, et il déclara plus tard que peu à peu cette nourriture lui sembla préférable à tous les meilleurs morceaux d'autrefois. Dès" lors, il n'accepta plus rien de don Piétro; à l'aide des aumônes, il entretint son corps affaibli par le travail et les jeûnes, mais soutenu par le secours d'en-haut et par l'énergie de sa propre volonté (2).

Que les saints sont grands dans leurs victoires sur eux-mêmes, et combien prompts dans l'accomplissement de leurs résolutions! Ils ne perdent point de temps entre la décision et l'action, afin de ne pas les oublier, et de ne pas laisser passer inutilement les appels de la grâce. Nous, au contraire, combien prompts ne som-

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