I. Très socii, c. ii, n
LE FONDATEUR D ORDRE 77
à fonder un Ordre ni à grouper des disciples autour de lui. Ce fut cependant ce qui arriva. Suivant les desseins éternels de Dieu, il devait être religieux et fondateur d'Ordre.
Ainsi que nous l'avons dit, sa parole et son exemple firent sur ses compatriotes une vive impression; les uns embrassèrent une vie plus chrétienne, et les autres le suivirent avec enthousiasme et voulurent partager sa vie mortifiée.
Le premier qui s'attacha à François fut Bernard (i) de Quintavalle (2), homme noble, riche, prudent et considéré (3). Depuis un certain temps les paroles et les exemples du Saint Favaient porté à renoncer au monde et à mener, dans la pauvreté et la pénitence, une vie évangélique; il avait même l'intention de se joindre à lui, mais il voulait auparavant éprouver sa sainteté (4). Dans ce but, il invita, un soir, le pauvre du Christ à partager son repas et le pria ensuite de rester durant la nuit; et, afin de pouvoir mieux l'observer, il lui offrit un lit dans sa chambre, où brûlait toujours une lampe. Tous deux s'étendirent sur leur couche, mais non pour dormir. Dès que François crut son compagnon endormi, il se leva, se jeta à genoux et, tout inondé d'amour, il éleva le cœur
1. CÉLANO, Vital, \. I, c. IV, 11. 24. — Très socii, c. m, n. 27.