‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 63 sur 239 · CÉLANO, ibid. — Très, socii, ibid · texte numérisé non relu

CÉLANO, ibid. — Très, socii, ibid

et les mains (i) pour implorer Dieu et la sainte Vierge (2), poussa des soupirs, versa des larmes, en disant sans cesse : Mon Dieu et mon tout! Bernard, qui avait tout vu, à la lueur de la lampe, se dit à lui-même : « Vraiment, c'est là un homme de Dieu. » Le lendemain, il quitta son hôte sans lui parler de ce dont il avait été témoin. Il renouvela cette expérience plusieurs fois encore (3). Enfin, convaincu de la piété et de la vertu du serviteur de Dieu, il se décida à s'attacher à lui. Dans cette intention, il se rendit auprès de François, lui fit part de son projet, et linvita pour le soir, afin de s'en entretenir avec lui. Le Saint n'avait pas encore songé à recevoir des disciples, cependant il rendit grâce à Dieu, parce que Bernard édifiait la ville par sa conduite (4).

François se présenta le soir chez Bernard, et tous deux passèrent la nuit dans un saint entretien. Bernard demanda à son interlocuteur : « Lorsque quelqu'un a reçu des biens de son maître, soit peu, soit beaucoup, peu importe, les a gardés pendant longtemps et ne veut plus les conserver, que peut-il en faire de mieux? — Il faudrait, répondit François, les rendre à celui qui les avait donnés. — Hé bien, mon frère, dit Bernard, je veux, par amour pour Dieu, qui

1. Chron. XXIV Gen., Anal. Franc, t. III, p. 3, n. 25 : « Totus ignitus. »

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