CÉLANO, ibid. — S. Bonav., ibid
leurs exhortations à la pénitence, pleines de simplicité. On leur demandait qui ils étaient et d'où ils venaient. Ils répondaient : « Nous sommes des pénitents d'Assise. » Les églises étaient leurs lieux de refuge préférés. Partout où ils en rencontraient, ils y entraient et saluaient Dieu par ces paroles, qu'ils avaient apprises de leur Père : « Nous vous adorons, ô Seigneur Jésus, et nous vous bénissons ici et dans toutes les églises, qui sont par toute la terre, parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix (i). »
Le plus difficile pour eux était de trouver un gîte pour la nuit, leur misérable habillement les faisait prendre pour de malhonnêtes gens. A Florence, les FF. Bernard et Égide demandèrent un soir à une femme l'hospitalité pour la nuit; elle acquiesça à leur prière, mais ils durent se contenter de l'auvent d'un four ou d'un bûcher : cela leur suffit. Lorsque le maître de la maison revint dans la soirée, il gourmanda durement sa femme d'avoir reçu de pareils individus. Elle s'excusa en observant qu'ils pourraient tout au plus emporter un peu de bois. Il consentit alors à les garder, mais il s'opposa à ce qu'on donnât, aux pauvres du Christ, une couverture, bien qu'il fît froid, de crainte qu'elle ne fût dérobée. La température rigoureuse de la nuit ne leur permit pas de dormir longuement; c'est pourquoi ils se ren-