‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 80 sur 239 · l'res socii, c. m, n. M · texte numérisé non relu

l'res socii, c. m, n. M

Ils allèrent, au contraire, chez Guido, qui les garda pendant plusieurs jours. Leur présence exerça sur lui la meilleure influence et le rendit plus généreux envers les pauvres (i).

Tandis que nos deux Frères étaient convenablement accueillis par Guido, ils étaient ailleurs maltraités ; on leur jetait de la boue et des pierres ; on s'amusait à leur tirer le capuce ; on leur mettait les dés dans les mains en les invitant à jouer. Selon les conseils de leur Père, ils priaient pour leurs persécuteurs et supportaient tout avec patience, la faim, la soif, la chaleur, le froid et même la nudité, car on allait jusqu'à dérober leurs misérables vêtements (2).

Quelle admirable conduite! Ces hommes viennent à peine de quitter le monde, où ils jouissaient de la considération, et par amour pour Dieu, ils se laissent traiter comme des insensés! Mais, à la longue, rien ne résiste à l'exemple . Lorsqu'on eut constaté la parfaite charité de ces Frères, leur désintéressement, leur détachement de tout ce qui est terrestre, et surtout de l'argent, et leur joie dans les souffrances, on se prit à réfléchir. Beaucoup de ceux qui leur avaient été hostiles sollicitèrent leur pardon ; quelques-uns mêmes manifestèrent le désir d'être reçus dans leur compagnie (3). Et c'est ainsi que ces deux pauvres éclairés de Dieu agirent puissamment autour d'eux.

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