APPROBATION DE LA REGLE III
rÉglise, Innocent III, s'abaisserait avec bonté et charité pour écouter sa demande (i).
A Rome, François retrouva son vieilami et son protecteur, levêque d'Assise, que nous connaissons déjà. Ce prélat ne fut pas médiocrement effrayé en voyant les Frères ; il craignit qu'ils ne songeassent à abandonner son diocèse et leur patrie, qu'ils avaient commencé à édifier par leurs prédications et leurs exemples. Mais lorsqu'il eut appris le motif de leur présence à Rome, il se réjouit et leur promit son concours; ce qu'il fit en réalité (2). L'évêque avait à Rome un" parent très influent, le cardinal Jean de Saint-Paul, de la famille des Colonna, é vèque de Sabine. Déjà il l'avait entretenu des .pauvres d'Assise. Entre tous les princes de l'Eglise, ce cardinal se faisait remarcjuer par une grande sainteté de vie, et par son mépris des honneurs, des distinctions et des biens temporels, aussi jouissait-il d'une haute considération auprès de la cour romaine. La grâce de Dieu était avec lui (3). Ce fut à lui que Guido, l'évêque d'Assise, présenta François et ses Frères. Jean les accueillit avec amitié et véné-
I. CÉLANO, Vita /. 1. I, c. V, n. 33. — Très socii, c. iv, n. .'')3. — S. BoNAV., c. III, n. 35.
•2. Que Guido, le conseiller habituel de François, n'ait rien su des projets des Frères, cela ne peut s'expliquer que par ce fait que l'évêque était absent d'Assise depuis un certain temps. A Rome, les Frères auraient demeuré dans l'hospice voisin du Latran.
3. CÉLANO, Vital, 1. I, c. V, n. 33. — V'rcs socii, c. iv, n. 47. — S. BoNAV., c. m, n. 3t).
ration (i). Mais il était prudent, il garda donc les Frères auprès de lui, dans son palais, observa leur genre de vie et acquit bientôt la certitude de leur pureté et de leur droiture, en sorte qu'il finit par ajouter foi à tout le bien qu'il en avait entendu dire. Il se recommanda à leurs prières, adopta lui-même leur genre de vie et voulut être considéré et traité comme Tun d'eux (2).
Après qu'il se fut assuré de la sainteté de leur vie, il voulut aussi éprouver leur vocation. Il fit à. François les questions les plus diverses et chercha à le persuader de se joindre avec ses Frères à un Ordre religieux déjà existant. Ce fut en vain. Le Saint réfuta entièrement mais avec humihté toutes ses objections (3).
Aussitôt que le prince de l'Eglise eut terminé son examen, il porta l'aff'aire devant le Saint- Père. « J'ai trouvé, dit-il à Innocent, un homme parfait qui est résolu à mener une vie évangélique, et à suivre à la lettre les conseils de Jésus-Christ; je crois que Dieu veut se servir de cet homme pour ranimer la foi dans l'Église entière. 3) Le Pape, après avoir écouté le cardinal avec attention, le pria de lui faire connaître les Frères (4).
Le lendemain, François fut présenté au Sou-