‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 90 sur 239 · Très socii, c. iv, n · texte numérisé non relu

Très socii, c. iv, n

L'affaire de François était sans précédents, pareille supplique n'ayant jamais été présentée à la cour pontificale (i). Jusqu'alors des hommes éclairés de Dieu avaient fondé des ordres religieux sans autorisation spéciale de la Papauté ; les papes étaient témoins de leur naissance, surveillaient ceux qui s'étaient développés, leur accordaient certains privilèges, les protégeaient contre d'injustes attaques, et frappaient de châtiments sévères les religieux isolés ou les instituts qui venaient à enfreindre leurs règles. François était le premier qui sollicitait l'approbation pour la fondation de son Ordre. Innocent devait-il acquiescera sa requête et introduire par là une innovation pour la constitution de nouveaux Ordres dans l'Église? Avant de congédier François et de l'inviter à prier, il s'était entendu avec quelques cardinaux très opposés à l'innovation. L'affaire leur paraissait nouvelle, et le genre de vie des Frères leur semblait excéder les forces humaines (2).

Le Pape et les cardinaux avaient d'autres motifs de se défier de la pauvreté de François. La France, en effet, était alors troublée par la secte des Vaudois, fondée en 1160 par Valdo, marchand de Lyon, et par d'autres sectes analogues (3). Les membres de

1. Ce ne fut qu'au IV"^ concile de Latran (i2i5), quon décida qu'aucun Ordre ne pourrait être fondé sans l'approbation de l'Eglise.

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