‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 91 sur 239 · APPROBATION DE LA RKGLE · texte numérisé non relu

APPROBATION DE LA RKGLE

ces sectes, en apparence parfaitement pauvres et humbles, n'avaient aucun sentiment évangélique, et menaient une vie antichrétienne et immorale. Ils étaient remplis de haine contre rÉglise et ses serviteurs, et se laissaient aller aux invectives les plus sanglantes dans leurs assemblées secrètes ; en sorte qu'après plusieurs tentatives infructueuses de réconciliation, rÉglise se vit contrainte de les frapper d'excommunication, comme hérétiques incorrigibles. Sous le misérable habit de François et de ses Frères, les cardinaux redoutaient de trouver de faux pauvres. Qui pourrait les en blâmer? L'expérience donne la prudence, elle rend prévoyant et défiant (i).

collectif de toutes les sectes d'Albigeois, de Patarins, de Cathares, de A'audois, qui pullulaient en France, était celui d'Albigeois, originaire de la ville d'Albi.

I. Les plus anciens biographes du Saint rapportent que François fut reçu par Innocent III avec bonté et affection ; plus tard, pour le moins après saint Bonaventure, d'autres historiens prétendirent que l'accueil du Saint- Père, au A'atican, fut peu bienveillant. D'après ceux-ci voici ce qui se serait passé: « Lorsque François s'aperçut de l'hésitation du cardinal de Sabine, il pénétra dans le palais du Vatican, arriva jusqu'au lieu dit Speculnui ou Bellevue, où le Pape se promenait plongé dans la méditation d'importantes aflaires. François ayant \ oulu lui soumettre son projet, Innocent le repoussa, sans l'écouter, avec ses douze compagnons misérablement et singulièrement vêtus. » Le récit de ce premier et fâcheux accueil fut mis à la suite de la légende de saint Bonaventure par Jérôme d'Ascoli, son successeur comme Général de l'Ordre et, plus tard. Pape sous le nom de Nicolas IV. Jérôme l'aurait reçu du cardinal Ricardo, neveu d'Innocent III. Nous ne discuterons pas sur la question de savoir si un groupe d'hommes mal habillés

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La seule personne qui insistât en faveur de François fut le cardinal Jean de Saint-Paul. « Si, dit-il, nous rejetons comme trop dure et comme nouvelle la demande de ce pauvre, qui sollicite la faveur de vivre selon TEvangile, prenons garde de nous élever contre TEvangile luimême ; soutenir que l'observation complète de TEvangile contient quelque chose de nouveau et de déraisonnable ou d'irréalisable, c'est blasphémer Jésus-Christ, l'auteur de l'Evangile (i). » Ces paroles étaient inspirées au cardinal par l'affection qu'il portait aux Frères ; ni le Pape ni les cardinaux ne répliquèrent.

Dans l'intervalle, François avait beaucoup prié, et avait reconnu d'une façon indubitable la sainte volonté de Dieu. Dans une vision, le Seigneur lui avait dit : « Une fille très belle, mais pauvre et demeurant dans le désert, attira par sa beauté les regards d'un grand roi, qui désira l'épouser dans l'espoir d'avoir de beaux enfants. Dans la suite il retourna à son palais. La mère éleva ses enfants avec beaucoup de soin, et, quand ils furent

a pu arriver jusqu'au Pape sans avoir été ni vu ni arrêté. Mais en admettant quil y ait réussi, pourrait-on reprocher au Souverain Pontife d'avoir renvoyé ces hommes comme des étrangers et des inconnus. Enfin, en admettant encore qu'il ait repoussé la requête et la singulière visite des solliciteurs, y eùt-il eu de sa part mauvais accueil ? Certes non, car alors tout refus d'entendre une supplique ou de recevoir un solliciteur, constituerait un manque de bienveillance. — Cf. Wadding, Annal. Minor.., ad ann. 1210, n. 8.

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