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pour lui, et, je vous le garantis, sa fidélité, dans la paix qu’il va vous assurer, sera inviolable.” Aussitôt tout le peuple s'étant écrié d’une voix unanime qu'il consentait à nourrir toujours le loup, le Saint se tourna vers l'animal et lui dit : “ Frère loup, c’est maintenant à toi de promettre l'observation fidèle des conditions de la paix ; promets-tu désormais de ne plus nuire à personne, ni aux hommes, ni même aux animaux?” Le loup s’agenouilla, inclina la tête et fit entendre au peuple, comme il le pouvait, et par son humble attitude et par les mouvements de sa queue et de ses yeux, qu'il promettait d’être fidèle au pacte. “Frère loup, lui dit alors saint François, tu m'as donné, hors de la ville, un gage. de ta fidélité ; je demande que tu le renouvelles maintenant en présence de cette multitude, et que tu attestes, par là, que tu n’abuseras jamais de la promesse que j'ai faite en ton nom, ni de la caution, que j'ai donnée pour toi.” Le loup leva de nouveau la patte droite de devant et la posa sur la main du Saint. À cette vue, la joie et l'admiration du peuple furent à leur comble ; la vénération des habitants de Gubbio pour saint Francois, la singularité du miracle dont ils venaient d’être témoins, et le plaisir que leur procuraït la paix promise par le Icup, excitèrent parmi eux un si vif enthousiasme, qu'ils se mirent à pousser vers le ciel des cris d’allégresse, louant et bénissant Dieu de leur avoir envoyé un saint qui, par ses mérites, les avait délivrés de la fureur d’une bête cruelle.
174 CHAPITRE IX Le loup vécut encore deux ans dans Gubbio ; il allait familièrement de porte en porte, entrait dans les maisons, sans faire aucun mal à personne et sans | recevoir lui-mêmeaucun mauvais traitement.Chacun |! | se faisait un plaisir de lui fournir se qui était néces- | saire pour sa nourriture; et, quand il traversait la ville, jamais les chiens n’aboyaient après lui. Enfin, deux ans après sa conversion, Frère loup mourut, et les habitants de Gubbio le regrettèrent vivement, car la vue de cet animal, parcourant la ville avec la douceur d’un agneau, était pour eux un souvenir qui leur rappelait la sainteté et les vertus de saint François.”
RAT \N Ste Elisabeth de Hongrie Patronne des Sœurs du Tiers-Ordre
Oo; il dans aus CHAPITRE X.
Lacun écesait la nfin, purut,
I. LE PRODIGE DES STIGMATES : CE QUI LE PRÉ- CÈDE, — 2. CE QUI L'ACCOMPAGNE, 3. CE QUI LE SUIT,
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PA , 4, A bienveillance que le pape Honorius III avait | témoignée au saint Patriarche, lorsqu'il était allé
à Rome pour l’Indulgence de la Portioncule, lui donna la pensée de faire autoriser solennellement par ce Pontife, la Règle de son Ordre, que le Pape Innocent III n'avait approuvée que de vive voix ; et il eut pendant la nuit, cette révélation qui est rapportée par saint Bonaventure,
Il lui semblait avoir ramassé à terre de très petites miettes de pain qu’il devait distribuer autour de lui à une multitude de Frères affamés. Mais comme il hésitait à les leur donner, craignant qu'étant si
menues elles ne leur échappassent des mains, une voix céleste lui dit : François, de toutes ces miettes faites une hostie et donnez-en à tous ceux qui voudront en manger” Illefit. Or, tous ceux qui ne recevaient pas dévotement leur part ou la méprisaient après l’avoir reçue, paraissaient infectés de
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lèpre. Le matin il raconta la vision à ses Frères, tout affligé de n’en pas comprendre le mystère. Le jour suivant, comme il persévérait fans la prière, une voix du ciel lui dit: “ François, les miettes de la nuit passée sont les paroles de l'Evangile : l’hostie, c'est la Règle, composée de ces parnles : la lèpre, c'est le péché.
L'oracle du Ciel apprit à François que la Règ'e
qu'il voulait faire approuver et qui n'était composée que des paroles de l'Evangile devait être abrégée et mise dans un ordre plus précis. Pour l’exécuter, il fut inspiré d’aller à Mont-Colombe près de Riéti, où il se retira dans la fente d’un grand rocher, avec deux Frères, jeûnant au poin et à l’eau, Là il fit écrire la Règle selon que l'Esprit de Dieu la lui dictait dans la prière. Ensuite il descendit de la montagne et la confia à son Vicaire qui, peu de jours après, assura l'avoir égarée. Le Saint retourna dans la même solitude, et la fit écrire une seconde fois, comme si Dieu la lui dictait de sa propre bouche,
Les Enfants du saint Patriarche l’ayant acceptée, François partit au mois d'Octobre, pour aller la faire approuver par le Souverain Pontife. À Rome il fut invité à dîner par le Cardinal Hugolin, Protecteur de son Ordre, et qui, on le sait, avait pour lui une singulière affection ; mais il ne s’y rendit, dit saint Bonaventure, qu'après avoir quêté quelqués morceaux de pain ; ce qu'il avait coutume de faire, lorsqu'il mangeait chez des personnes de considé- : .
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Le Cardinal présenta François au Pape pour demander la confirmation de sa Règle. Le saint Père la lut, et la trouvant trop rigoureuse, il voulait que l’on y fit quelque changement ; mais l’homme de Dieu protesta qu'il n’y avait pas mis de lui-même un seul mot, et que Jésus-Christ l'avait dictée telle qu’elle était ; Honorius IIT en conféra avec les Cardinaux et la confirha. Sa Bulle, donnée au Palais de Latran, est datée du vingt-neuvième jour de Novembre de l’année 1223, et de son | Pontificat là huitième.
Le saint Patriarche — de cette Règle à à ses
Religieux disait : “ Mes Frères et mes Enfants bénis à jamais, on nous a fait une insigne faveur, en nous donnant cette sainte Règle. Car, c'est le livre de vie, l'espérance du salut, le gage de la gloire, la moelle de l'Evangile, le chemin de la Croix, un état de perfection, la clef du Paradis et ie. nœud d’une alliance éternelle.”
En quittant Rome, François se disposa à célébrer, cette année, la Naissance du Sauveur avec une particulière solennité ; et il passa en effet la délicieuse nuit de Noël dans le bois de Greccio, où de graniles merveilles l’'accompagnèrent. Vers ce même temps, Claire et ses filles du monastère de saint Damien avaient prié instamment François de leur. donner par écrit une Règle et une forme de vie semblable à celle des Frères-Mineurs. Le Saint en conféra avec son ami, le Cardinal Hugolin, Protecteur des 4 deux Ordres, et ils la composèrent ensemble. Pendant qu'il écrivait, le saint homme ne put retenir ses larmes, en considérant que de pauvres filles vou- : laient embrasser des austérités si extraordinairement au-dessus dé leur faibissse !
C’est encore vers cette époque que le même Car- ! dinal ôta à François le manteau de dessus les : épaules et lui ordonna de l'envoyer à la Duchesse | de Thuringe, Elisabeth, fille du Roï de Hongrie, en : reconnaissance de ses libéralités pour ses Frères et à cause de son éminente sainteté. | | Au mois d’'Août de la même année 1224, le ser-! viteur de Dieu voulut se retirer dans sa chère soli-!
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tude de l’Alverne pour se préparer à la fête de saint Michel et commencer avec encore plus de ferveur que de coutume son grand carême en l'honneur de cet illustre Archange, comme s'il eût eu le secret pressentiment des grandes merveilles qui allaient s'accomplir sur cette sainte montagne. Il prit avec lui les trois Frères, Massée, Ange et Léon. Lorsqu'ils furent arrivés au pivd du rocher même de l’Alverne, François se reposa un peu sous un grand chêne ; c’est là que nous avons vu plus haut la rultitude des oiseaux, ses petits Frères voltigeant autour du Saint, battant de leurs ailes et lui faisant grande fête.
Le Comte Orlando ‘qui avait dénné la montagne à François et à son Ordre éprouva une vive satisfaction quand il apprit que le Saint et ses trois Frères étaient venus se fixer sur l’Alverne. Le lendemain de leur arrivée, il alla lui-même les visiter, et leur porta une abondante provision de toute sorte de nourriture, Il trouva le: pieux ermites en prière, les aborda et les salua avec bonté. Saint François se leva, reçut avec une joie pleine d’affection Orlando et sa compagnie, et ils s’entretinrent ensuite quelque temps. Le Saint remercia Orlando de la générosité avec laquelle il lui avait cédé l'Alverne et de la visite dont il l’honorait ; ; puis ille pria de lui faire construire une petite cellule
au pied d’un beau hêtre, dans un lieu très recueilli, —
très propre à l’oraison et situé à peu près À un jet de pierre de l'endroit où se trouvaient ses Frères.
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Son désir fut immédiatement satisfait. Comme le soir approchait et qu’il fallait repartir, saint Fran- <ois dit quelques paroles et bénit la petite troupe. Au moment du dernier adieu, Orlando prit à part saint François et ses Frères et leur dit: “ Mes bien Chers Frères, je ne veux pas que sur cette montagne : Sauvage vous souffriez aucune nécessité corporelle qui vous empêche de vous livrer entièrement à la contemplation ; je veux, et je vous le dis à présent pour toujours, je veux que vous veniez chercher dans ma maison tout ce qui vous est nécessaire ; si vous faites autrement, j'en aurai beaucoup de peine.” Après cela, Orlando et sa compagnie retournèrent au chiteau,
Alors sant François fit asseoir ses Compagnons et les instruisit sur le genre de vie qu’ils devaient mener, eux et tous ceux qui veulent vivre en solitaires. Il leur imposa l’observance de la sainte pauvreté, et leur dit: “Ne vous appuyez pas trep sur l'offre charitable du seigneur Oriando ; prenons garde de blesser notre profession de pauvreté. Soyez sûrs que si nous sommes de vrais pauvres, le monde aura corpassion de nous ; si nous embrassons bien étroitement la pauvreté, il nous donnera libéralement ce qu’il nous faut pour vivre, Dieu, qui nousa - appelés dans la sainte religion pour le salut du monde, a fait ce pacte avec nous ; nous devons ! donner au monde de bons exemples, et le monde : doit fournir à toutes nos nécessités. Persévérons donc dans notre pauvreté, parce qu’elle est la voie 4
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de la perfection et le gage des richesses éternelles.” Le Saint donna encore à ses Frères plusieurs autres avis Ct il ajouta en finissant: “ Voilà donc ie genre de vie que nous devons embrasser tous ; pour moi, en particulier, je sens que je touche au terme de ma carrière, et je veux désormais me tenir dans la solitude, me recueillir en Dieu et pleurer mes péchés en sa divine présence. Frère Léon, quand il voudra, m'apportera une petite provision de pain et d'eau ; mais ne laissez venir à ma cellule zucun séculier, pour quelque raison que ce soit ; je vous charge de répondre pour moi à ceux qui me demanderaïent.” Ayant dit ces mots, saint François bénit ses Compagnons et se retira dans sa cellule, au pied du hêtre ; et les trois Frères prirent dès lors la ferme résolution de se conformer aux règles que leur Père leur avait imposées.
Quelques jours après, le Saint, considérant, de sa cellule, la. disposition de la montagne, et contemplant avec étonnement les larges fentes et les grandes ouvertures des énormes rochers qui l’environnaient, il lui fut révélé de Dieu que ces fentes s'étaient ouvertes miraculeusement à l’heure de la Passion du Christ, au moment où, selon le saint Evangile, les pierres se fendirent. Dieu avait voulu que ce prodige s'opérât d’une manière plus frappante. sur la montagne de l’Alverne, parce que là devait se renouveler dans l’âme de François, par l'amour et la compassion, et dans son corps, par l'impression des sacrés Stigmates, la Passion de
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Notre-Seigneur Jésus-Christ. Après cette révélation,
le Saint se renferma dans sa cellule et s’y recueilli, dans d'attente du mystère qui allait s’accomplir. Dès lors, la prière continuelle à laquelle il se livra lui fit éprouver plus fréquemment encore les dou-
--ceurs de la divine contemplation ; aussi, très souvent! il se trouvait tellement ravi en Dieu, que ses Com!
pagnons le voyaient corporellement élevé au-dessus de terre et dans une extase qui le mettait hors de lui-même. Dans ces sublimes contemplations, Dieu
lui révélait non seulement l’avenir, mais encore les. secrètes pensées et les inclinations de ses Frères. Frère Léon, son Compagnon, en fut convaincu par! sa propre expérience, Se trouvant tourmenté par! une tentation de l'esprit, il lui vint en désir de pos séder quelque pieuse pensée écrite de la main dus Saint ; et il espérait qu'une fois qu’il l'aurait brie, la tentation disparaîtrait, au moins en partie, Depuis quelque temps déjà, il nourrissait cc
désir, et toujours il se sentait retenu par la hontect le respect. Mais l’Esprit-Saint révéla à saint Fran çois ce que son Compagnon n'osait lui confier
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Aussitôt il le fait appeler, lui demande ce qui es
nécessaire pour écrire, et traçant à la louange dk Jésus-Christ quelques lignes tirées des Saints Livres et qu'il signe de la lettre T (Tau), il les remet äl Frère en lui disant : (1) “Recevez ce papier, Frère
(1) Voici le texte de cette Bénédiction, dont l’autograpbe se com serve dans le trésor de la Basilique Patriarcale d’Assise : . “ Benedicat tibi Dominus, et custodiat te, ostendat facient
te révélation, VIE DE SAINT-FRANÇOIS 183
s'y recucillit,
s'accomplir.
Ile il se livra core les doui, très souvent:
que ses Comevé au-dessus ettait hors de
Léon, et conservez-le toute votre vie. Que Dieu vous accorde sa bénédiction, et qu’il vous protège contre les tentations. Que s’il permet que vous les éprouviez, ne vous en troublez pas ; plus vous serez tenté, plus je vous regarderai comme le véritable ami et serviteur de Dieu, plus je vous chérirai ; car, je vous le dis £n vérité, personne ne doit s'estimer ; parfait ami de Dieu qu’il n'ait auparavant passé par plations, Les beaucoup de tribulations et de tentations.” Frère AIS ARROrS SR con reçut avec respect ct confiance l'écrit du Saint, de autel Fres et aussitôt sa tentation disparut complètement. COMPARE PA lors il retourna vers ses Compagnons et leur ra- Fourmenté Pa conta, plein de joie, la grâce que Dieu venait de lui 1 désir de PÉccorder. Depuis il conserva toujours son écrit avec qe " ri du? soin, et les Frères s’en servirent ensuite pour opérer qu’il I 2blusieurs miracles. Dès ce jour aussi, en toute simau MOINS lité ct avec l'intention la plus pure, Frère Léon nourrissait CR Le À observer de plus près toute la conduite de per la honte a saint François et sa bonne foi lui mérita de le voir à Sant Fran souvent ravi en Dieu, élevé au-dessus de terre à la it lui confier auteur de trois ou quatre brasses, quelquefois jusde ce Qu commet du hêtre, et parfois même il le voyait la lotange dl Si haut dans les airs et environné de tant de splen- Saints Livré leur, qu’à peine il pouvait encore l’apercevoir. Et
: all ““ * ns il les Fame Mc faisait le bon Frère quand le Saint n’était encore napier, Frère |
Hot et misereatur tui; convertat vultum suum ad te, et det tibi acem.” — % Dominus benedicet t?, Frater Leo.” T
’autograpbe se C0 Assise : È
jendat facierr SN eu +R Ne Ron © de ace et qu’il ait pitié de toi ; qu’il tourne son visage vers toi et qu’il
| “Que le Seigneur te bénisse et uw’il t3 garde ; qu’il te montre sa
: donne la paix.” — ‘* Que le Seigneur te bénisse, Frère Léon.” T
184 CITAPITRE X
qu’à la hauteur d’un homme? Il allait doucement sous lui, lui baisait les pieds, les arrosait de ses larmes et il disait : “ Mon Dieu, prenez pitié de moi qui suis un pauvre pécheur, et, par les mérites de ce saint homme, daiïgnez me CORrASIQUES quelque petite portion de votre grâce.”
Un jour que Frère Léon se trouvait ainsi sous les pieds de saint François, et qu’il était à une hauteur où il ne pouvait plus l’atteindre, il vit descendre du ciel un billet écrit en lettres d’or qui vint se placer sur la tête du Saint : sur £e billet étaient tracés ces mots: “Ici se trouve la grâce de Dieu.” Le Frère eut le temps de le lire, et il le vit ensuite remonter vers les cieux.
Sous l'impression de cette grâce divine qui le remplissait, saint François n'était pas seulement ravi en Dieu par la contemplation, souvent aussi il était consolé et fortifié par de grandes apparitions. Une fois entrautres qu'il revenait d’un de ces ravissements qui l’élevaient de terre, Jésus-Christ parut, assis sur une table de pierre fort basse, où le Saint avait coutume de prendre sa pauv“e nourriture, il lui parla comme à un ami, avec la plus intime familiarité. Lorsque Notre-Seigneur eut disparu de dessus la table, Frère Léon, qui ignorait entièrement ce qui s'était passé, voulut la préparer comme à l'ordinaire, François l'en empêcha disant : “ Frère | - Léon, chère petite brebis, lavez cette pierre avec de | l'eau.” Frère Léon obéit. “Maintenant, reprit le : Saint, d’un visage Fysnrans de joie, lavez-la avec
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du vin.” La pierre fut ainsi lavée. “ Lavez-la avec de l’huile” dit-il encore. Le Frère obéit. “Frère Léon, chère petite brebis, dit enfin saint François pour la quatrième fois, lavez cette pierre avec du baume” —“©Q mon doux Père, répondit le Frère, comment trouver du üawme dans ces lieux sauvages.” — “ Sachez, Frère Léon, chère petite brebis du Christ, reprit saint Frañçois, que Notre-Seigneur Jésus-Christ est venu reposer sur cette pierre. (1) Je vous ai commandé par quatre fois de la laver sans me répliquer, en mémoire de quatre grâces particulières que Dieu, dans sa bonté, a promises pour mon Ordre : la première, que cet Ordre durerait jusqu’à la fin du monde; la deuxième, que ceux qui le persécuteraient avec malice, ne vivraient pas longtemps, s'ils ne venaient à faire pénitence ; la troisième, que les Bienfaiteurs de cet Ordre seraient agréables à Dieu et comblés de bénédictions célestes ; la quatrième, qu'un de ses membres, séduit par l'esprit de malice ne demeurerait pas longtemps dans son sein, s’il ne venait à se convertir promptement.
À l'approche de la Fête de l’Assomption de Notre-Dame, le Saint voulut chercher un lieu plus solitaire encore et plus isolé, où il pût passer le Ca-
(1) Nous avons vu cette table au mont Alverne, dans son petit n oratoire, où clle sert actuellement de pierre d’autel. Elle porte une à inscription, latine dont voici la traduction : TABLE DE SAINT FRAN- Çois sur laquelle il a eu d’admirables apparitions, et qu’il a consacrée en y répandant de l’huile et en disant : C’esé ées l'autel de Dieu !
rême de saint Michel Archange qui commence le jour de cette solennité ; il appela donc Frère Léon et lui dit: “ Allez à l’oratoire de nos Frères, tenezvous sur la porte et revenez me trouver quand je vous appellerai.” Frère Léon obéit. Sain. François s'éloigna un peu, l’appela d’une voix haute; et lorsque le Frère l’eut rejoint, il lui dit : “ Mon Frère, cherchons un lieu plus secret encore où vous ne puissiez m'entendre quand je vous appellerai.” Puis continuant leur recherche ils trouvèrent, dans la partie méridionale de la montagne, un erdroit très solitaire et parfaitement disposé selon les désirs du Saint; mais il fallait, pour y arriver, traverser l’immense et effrayante ouverture d’un énorme rocher. . Cette difficulté n’arrêta pas saint François ; aidé de Frère Léon, il parvint, après de longs efforts, à jeter sur l'ouverture une pièce de bois, en forme de pont, et l’on put traverser. Alors le Saint fit appeler ses autres Frères et leur annonça l'intention où il était de passer en ce lieu le Carême de saint Michel Archange. Il les pria d'y construire une pauvre cellule et de la disposer de telle sorte qu'ils ne pussent l'entendre crier de leur ermitage. Les Frères le satisfirent ; alors il leur dit: “ Retournez maintenant, laissez-moi seul ici, car avec le secours de Dieu, je me propose de passer ce Carême sans dérangement et sans trouble. Qu'aucun de vous ne vienne me trouver, mais défendez surtout aux séouliers __ d’avancer jusqu'ici. Seulement, Frère Léon, une = seule fois le jour vous viendrez m'apporter une
nce le Léon tenezand je ‘ançois te: ec Frère, Jus ne Puis ans la oit très sirs du er l’imrocher.
aidé de , à jeter e pont, eler ses il était Michel pauvre ils ne s Frères maintee Dieu, érangevienne éouliers on, une er une