‹ Vie de saint François d'Assise [microforme]Chapitre 9 sur 32 · CR PONS TES ES · texte numérisé non relu

CR PONS TES ES

Das

RE 2 se

ti

DT m0 LS 0 ES

ca le

Eh bien ! tu vas exécuter toi-même les ordres que tu imposes aux autres.” Et aussitôt dans la ferveur qui l’animait, le Saint se dépouille à son tour de ses habits, et se rend à Assise, avec Frère Léon qu’il charge de sa tunique et de celle de Frère Rufin. Quand il arriva à l’église, le très obéissant Frère Rufin était encore en chaire, et il adressait précisément alors à son auditoire les paroles suivantes : “O mes chers amis! fuyez le monde, renoncez au péché et restituez le bien d'autrui, si vous voulez échapper au feu des enfers. Observez les commandements de Dieu ; aimez-le et aimez aussi le prochain ; c’est par là que vous arriverez tous un jour en paradis.”

Dès que Frère Rufin eut cessé de parler, le Saint monte en chaire à son tour, et prêche avec tant de force sur le mépris du monde, la sainte pénitence, la pauvreté volontaire, le désir du royaume des cieux, le dépouiliement et l’opprobre de Notre- Seigneur dans sa Passion, que tous ceux qui l’'écoutaient fondaient en larmes et se sentaient touchés de ferveur et de componction. La douleur qu'il excita en parlant de la Passion du Sauveur ne se répandit pas seulement dans son auditoire, la ville tout entière entra dans des sentiments de tristesse et de regrets dont on n'avait jamais eu d'exemple,

Lorsqu'ils virent que leurs paroles avaient été pour le peuple un sujet de ‘erveur et de consolation, saint François et Frère Rufin reprirent leurs vêtements et retournèrent au couvent de la Portioncule,

louant et glorifiant Dieu de leur avoir donné la grâce de se vaincre par le mépris d'eux-mêmes, heureux d’avoir pu édifier, par leurs exemples, les brebis de Jésus-Christ et de les avoir convaincues de l'importance du mépris du monde. Dès lors le respect du peuple à leur égard s’accrut tellement qu'on s’estimait heureux d’avoir pu seulement toucher le bord de leurs vêtements.

Frère Massée était un homme d’une grande sainteté, plein de sagesse et d’onction quand il parlait de” Dieu et des choses du ciel; et saint François l’affectionnait particulièrement à cause de ces précieuses qualités. Or il lui vint à l'esprit une singulière pensée. Un jour qu'il sortait du bois où il venait de faire oraison, Frère Massée voulut mettre à l'épreuve l'humilité de François son“bien-aimé Père. Il alla donc tout droit à sa rencontre et lui dit sur le ton de la plaisanterie, Jui qui était pourtant si humble, si saint et si respectueux : “ Pourquoi donc vers vous ?....

Pourquoi donc ? mais pourquoi donc!....” — Que voulez-vous, mon Frère, demanda humblement saïnt François? — Je voudrais savoir, répondit

Frère Massée, pourquoi chacun souhaite vous voir, vous entendre et vous obéir ; car enfin votre exté-

rieur n'a rien de remarquable; votre savoir est

très ordinaire et vous n'êtes pas noble! Expliquez-moi donc d'où vient cet empressement avec lequel on court vers vous.” — Ces paroles remplirent le cœur du saint d’une grande joie ; il leva

RSS ARTE

les yeux au ciel et demeura longtemps dans cette attitude, l'esprit uni à Dieu ; puis rentrant en luimême, il s'agenouilla, rendit louange et remerciment à la bonté divine, et se tournant vers le Frère Massée, il lui dit: “ Voulez-vous savoir pourquoi ie vois tout le monde se presser sur mes pas? Cette faveur, je la tiens du Très-Haut, de celui dont les regards tombent sur les bons comme sur les méchants. Ses yeux très saints n’ont point rencontré, parmi les pécheurs, de créature plus vile, ni plus indigne que moi: ils n’ont pu trouver sur la terre, pour opérer l’œuvre merveilleuse qu'il se propose, de créature plus méprisable, et c'est pourquoi il m'a choisi pour confondre la noblesse, la grandeur, la beauté et la sagesse du monde. Il a voulu que chacun reconnât que toute vertu et tout bien viennent de lui. Il veut que quiconque se glorifie, cherche sa gloire dans le Seigneur, à qui soit honneur et louange dans l'éternité.” A cette réponse si pleine d’humilité et de ferveur, Frère Massée, rempli d’admiration, reconnut avec évidence que saint François était solidement fondé dans la vertu fie l’Awrilité.

Saint François aimait ses premiers disciples, comme nn bon père aime tendrement ses enfants, et il profitait de toutes les occasions pour les perfectionner dans la vertu. Un jour qu’il faisait route avec le même Frère Massée, ce Frère qui le précédait de quelques pas, étant arrivé à un endroit où le chemin se partageait en trois branches, dont l’une

se dirigeait ve“: Florence, une autre vers Sienne et la troisième vers Arezo, se retourna vers le Saint et lui dit : Père, quelle route prendrons-nous ? Celle que Dieu voudra, répondit saint François. Mais comment pourrons-nous connaître sa volonté, reprit Frère Massée? De ia manière que je vais vous indiquer, dit le Saint: je vous ordonne, par le mérite de la sainte obéissance, de vous arrêter ici, de tourner sur vous-même et de ne vous reposer que quand je vous en avertirai. Frère Massée obéit aussitôt et se mit à tourner. Se sentant bientôt ébloui, comme il arrive en pareil exercice, il tomba à terre plusieurs fois. Maïs, comme saint François ne lui disait pas d'arrêter, et qu'il voulait obéir ponctuellement, il se relevait et recommençait à tourner. Enfin, au moment où il tournait avec le plus de rapidité : arrêtez, lui dit le Saint ; et le Frère cessa de tourner. Vers quel chemin vous trouvezvous ? demanda saint François. Vers celui de Sienne, répondit Frère Massée. Eh bien ! reprit saint François, voilà la route que Dieu veut que nous prenions ; et ils s'y dirigèrent. Cependant Frère Massée ne comprenait rien à la conduite du Sairit : il ne concevait pas pourquoi il l’avait fait tourner ainsi, en l'exposant aux railleries des passants ; et, toutefois, il n’osait lui faire aucune observation. joe

À Sienne, François opéra des merveilles, et fut reçu avec distinction au palais de l'Evêque. Le lendemain il se leva de bonne heure et partit avec son compagnon, sans avertir l'Evêque. Frère

pen

per

VE

“ ce LE

à FE be]

ÉEs

Massée murmurait d’un tel procédé, et il se disait tout en poursuivant sa route : Que signifie donc la conduite de ce bon homme? Il m'a fait tourner comme un enfant ; puis quand l’Evêque l’a comblé d’honneurs, voilà qu'il le quitte sans lui dire un mot, sans le remercier ; et il semblait au Frère que ïe Saint s'était conduit d’une étrange manière. Puis réfléchissant mieux en lui-même, Frère Massée vit que c'était par manque d’humilité qu’il jugeait ainsi saint François, et il s’en fit des reproches très amers. Ces pensées occupaient encore l'esprit de Frère Massée, lorsque saint François qui sut tout par révélation, s’approcha doucement de lui et lui dit : Entretenez les pensées qui vous occupent maintenant : elles sont bonnes et utiles ; elles viennent de Dieu ; mais le murmure que vous nourrissiez auparavant, Ô Frère Massée! était vain et superbe; et c'est le démon lui-même qui vous l'avait inspiré. Alors Frère Massée vit clairement que saint François connaissait les secrets de son cœur, et il comprit qu'il était dirigé dans toutes ses actions par l'esprit de la divine sagesse. De son côté, saint François se plaisait aussi à exercer l’humilité de Frère Massée ; il en agissait ainsi, afin que les dons et les grâces dont il était comblé ne devinsent pas pour lui une occasion de vaine gloire, mais bien un moyen d'avancer de vertu en vertu.

Saint François envoyant ses disciples, deux à deux, prêcher par le monde, prit lui-rème pour

compagnon Frère Massée et se dirigea vers la France. (1)

Un jour qu'ils étaient arrivés tous les deux dans une ville, pressés par la faim, ils allèrent, suivant leur règle, mendier leur pain, pour l’amour de Dieu, chacun de son côté. Saint François qui était d’un extérieur peu avantageux, et qui était regardé comme un pauvre mendiant par ceux qui ne le connaissaient pas, ne put recueillir que quelques petits morceaux de pain ; mais Frère Massée qui était grand et beau, reçut des morceaux en abondance, de gros morceaux et même des pains tout entiers. Quand ils eurent amassé leur provision, ils se rejoignirent hors de la ville pour prendre leur repas dans un endroit où il y avait une fontaine limpide, et, tout près, une belle ct large pierre sur laquelle tous deux posèrent le pain qu'ils avaient reçu en aumône. Saint François voyant que Îles morceaux de Frère Massée étaient en plus grand nombre, mieux choisis et plus gros que les siens, en ressentit une grande joie et dit: O Frère Massée ! Ô le beau trésor! Ô le riche trésor! Et comme il répétait ces paroles, Frère Massée répondit : Père, comment donc trouvez-vous un si grand trésor, là où tout est pauvreté, là où nous manquons de tout ? Nous n'avons ni table, ni couteaux, ni plats, ni assiettes, ni maison, ni valets, ni servantes, et vous

(1} Ce voyare eut lieu en 1216, et non après l'installation à Sainte-Ma: -Anges,

nous trouvez riches? Ah! Frère Massée, reprit le Saint, c'est en cela même que je vois un trésor, un riche trésor! Ici l'industrie humaine n’a aucune part. Tout ce que nous possédons, c’est de la Providence que nous le tenons : voyez ce pain que nous avons mendié, cette belle pierre qui nous sert de table et cette fontaine limpide : je veux donc que nous priions Dieu de nous faire aimer de tout notre cœur le trésor de la sainte pauvreté, ce trésor si noble, ce trésor qui a Dieu lui-même pour gardien. Alors tous deux se mirent en prières, puis, ayant pris leur repas, de leurs morceaux de pain et de l’eau de la fontaine, ils se levèrent pour continuer leur route vers la France.

Etant arrivés près d’une église, saint François proposa d'y passer quelque temps en prière, et allant aussitôt se placer derrière l'autel, il se mit en oraison. En ce moment Dieu daigna le visiter ; il le remplit d’une si grande ferveur, et l’enflamma d'un amour si ardent pour la sainte pauvreté, qu’à l'éclat de sa figure et au frémissement de ses lèvres, il semblait qu’il jetât des flammes d'amour. Ainsi embrasé, saint François vient trouver son compagnon et s’écrie: Ah! ah! ah! Frère Massée!

Ayant parlé ainsi trois fois, il souffla sur Frère Massée, et celui-ci se sentit ravi et alla tomber devant le Saint à la distance d’une longue lance. Frè:e Massée était dans la stupeur. Plus tard, il disait à ses compagnons que dans ce ravissement, l'Esprit-Saint avait inondé son âme d’une si grande

RX "4e, y ke 4 4 Lo à K bu | IMAGE EVALUATION K : TEST TARGET (MT-3) I 10 M M I ar # 1l29 CE ILLS ESRI 10 | - : * | ch Fe S AN >, ER OUT ZN \ >? NN 4 : À AN 227 Photographic OA 2/1 2 CCE dus #

Corporation

abondance de joie et de consolation que jamais il ne s'était trouvé si heureux. Et François, encore tout transporté hors de lui pa: san brûlant amour pour la sainte pauvreté, adressa à Dieu cette ardente prière : “Seigneur Jésus, montrez-moi les voies de la sainte Pauvreté, qui vous fut toujours si chère ! Ayez pitié de moi, et de ma Dame, la Pauvreté ! car, je l'aime avec tant d’ardeur, que je ne puis trsuver de repos sans elle; et vous savez, Ô mon Dieu, que c’est vous qui m'avez donné ce grand amour. Elle est assise dans la poussière du chemin et ses amis passent devant elle, en la méprisant, Voyez l’abaissement de cette Reine, ô Seigneur Jésus, 6 vous qui êtes descendu du ciel sur la terre pour en faire votre Epouse et pour avoir d'elle, par elle et en elle des enfants de perfection. Dès vctre naissance, elle était, cette Reine, avec votre divine Mère, dans l’humilité de la Crêche. Comme un valeureux compagnon d'armes, elle s’est tenue tout armée dans le grand combat que vous avez livré pour notre Rédemption. Durant votre Passion, alors que vos Disciples fuyaient, seule, intrépide, elle ne vous a point abandonné, Marie, votre Mère, s’est arrêtée au pied de la Croix: mais la Pauvreté est montée avec vous, et là elle vous a serré plus . étroitement. C'est elle qui a préparé avec amour les rudes clous qui ont percé vos mains et vos pieds ; et lorsque vous étiez mourant de soif, cette Epouse . attentive, vous faisait présenter du fiel. Vous avez - expiré dans l’ardeur de ses embrassements, Après

mais il encore amour rdente oies de chère !

ivreté !

e puis ô mon grand hemin prisant, -igneur a terre Île, par £ vctre divine un vae tout z livré n, alors elle ne e, s’est eté est é plus our les pieds ; pouse s avez Après

la mort, elle ne vous a point quitté, Ô Seigneur Jésus ; eïle n’a permis à votre corps adorable de reposer que dans un tombeau emprunté. C'est elle qui vous a réchauffé au fond du Sépulcre et qui vous en a fait sortir glorieux. Aussi vous l'avez couronnée au Ciel, et là vous voulez qu’elle marque vos Elus du sceau de la Rédemption. O Jésus, très pauvre ! la grâce que je vous demande, c’est de me donner à moi et à tous les miens, le privilège de la très sainte Pauvreté :....

Après cela, François dit à Frère Massée : Allons maintenant à saint Pierre et à saint Paul, prions-les de nous faire comprendre combien est précieux le trésor incomparable de la très sainte pauvreté et de nous aider à l’acquérir. Ainsi ils se rexdirent à Rome; et, dès leur arrivée, ils entrèrent dans l'église de Saint-Pierre. Le Saint alla s’y mettre en prière d’un côté et Frère Massée de l’autre. Au moment où saint François priait ainsi, baigné de larmes et rempli de ferveur, tout-à-coup les très saints Apôtres Pierre et Paul lui apparurent brillants de splendeur et lui dirent: Tu demandes et tu désires pratiquer ce que le Christ et les saints Apôtres ont eux-mêmes observé ; eh bien! voici

que le Seigneur nous envoie t'annoncer que ta

prière est exaucée, il t'accorde dans toute sa plénitude, à toi et à ceux qui te suivront, le trésor de la très sainte Pauvreté Nous t'annonçons aussi de la part de Dieu, que quiconque, à ton exemple, observera parfaitement cette vertu, peut avoir la

certitude de son bonheur éternel. Et puis, voici que la Bénédiction divine va se répandre sur toi et sur tes disciples.” A ces paroles, les saints disparurent et laissèrent saint François inondé de consolation, Alors il se releva, alla trouver son compagnon et lui demanda s’il avait reçu de Dieu quelque révélation ; et, sur la réponse que lui fit Frère Massée, qu’:l n’en avait eu aucune, il lui raconta toutes les circonstances de l’apparition des Apôtres, et tous deux remplis de joie d’une telle faveur, se déterminèrent à retourner dans la vallée de Spolète .et renoncèrent à leur projet de voyage en France,

Frère Junipère, l’un des disciples choisis et des premiers compagnons de saint François, était un homme d'une profonde humilité, d’une grande ferveur et d’une extrême charité, et le Saint rendit de lui ce témoignage, en présence de ses pieux Frères: que celui-là serait un religieux Mineur (Franciscain) parfait, qui aurait, comme Frère Junipère, vaincu le monde et soi-même.

Frère Junipère avait pour les pauvres une charité affectueuse et une tendre compassion ; il ne pouvait en rencontrer en haïllons, mal vêtus, sans retirer aussitôt sa tunique ou son capuce pour les en revêtir ; et il lui fallut une défense positive de la part du Gardien (Supérieur) et au nom de la sainte obéissance, pour l'empêcher de se livrer à de pareilles libéralités. Peu de jours après que cette défense lui eut été faite, un pauvre à demi nu se présente à lui

s, voici r toi et ts disdé de er son > Dieu lui fit il Jui [cn des e telle vallée voyage

et des ait un rrande rendit pieux ineur re Ju-

harité ouvait retirer en rea part sainte reilles ise lui > à lui

ne demie

et lui demande l’aumône pour l'amour de Dieu. “ Hélas ! dit Frère Junipère à ce pauvre, js n'ai rien que ma tunique, et mon Gardien m'a défendu d’er donner la moindre parcelle. Cependant si vous voulez la prendre vous-même, je ne vous empêcherai pas.” Le pauvre ne se le fait pas dire deux fois: il dépouille le charitable Frère de sa tunique et s’en va content. Lorsque Frère Junipère fut de retour au couvent, on lui demanda ce qu'il avait fait de sa tunique : “c'est une bonne personne, répondit:il avec simplicité, qui me l’a retirée de dessus les épaules et qui l’a emportée.” De jour en jour, la charité de ce pieux Frère prenait de nouveaux accroissements ; il ne se contentait plus de donner sa tunique aux pauvres, il leur faisait l’abandon des livres, des ornements, des manteaux, enfin de tout ce qui lui tombait sous la main; et les Frères qui connaissaient son extrême générosité,étaient obligés de veiller soigneusement à ne rien laisser à sa disposition.

Un jour que Frère Junipère se rendait à Rome où le bruit de sa sainteté s'était déjà répandu, il vit arriver vers lui un grand nombre d’habitants de cette ville qui venaient à sa rencontre. Son humilité en fut effrayée, et aussitôt il chercha le moyen de faire tourner en dérision l’estime qu’on voulait lui témoigner. À quelque distance de lui se trouvaient deux enfants qui s’amusaient à balancer, Ils avaient placé une pièce de bois au travers d’une autre, et chacun se tenant à son extrémité, ils se

faisaient alternativement monter et descendre. Frère Junipère va les irouver, se fait donner une des deux places et se met à balancer avec l'enfant qui était demeuré sur l’autre extrémité. Les Romains demeurèrent singulièrement surpris quand ils le virent ainsi s'amuser à des jeux d'enfants. Ils le saluèrent cependant avec respect, attendant qu'il eût fini de balancer, pour lui faire honneur et l’accompagner jusqu’au couvent. Mai: Frère Junipère sans se mettre en peine des salutations qu'on lui adressait, et sans considérer qu'on l’attendait, continuait à balancer avec plus d’ardeur encore. Enfin, fatigués de demeurer là sans réponse, plusieurs commencèrent à se dire: “ Mais quel est donc ce stupide ?” D’autres qu‘ connaïssaient son humilité, ne firent que concevoir ane plus grande estime pour lui. Voyant cependant qu'il ne se lassait pas de balancer, chacun finit par se retirer. Frère Junipère, demeuré seul, se trouva bien heureux des railleries dont il avait été l’objet : il se remit en route, fit humblement et paisiblement son entrée dans Rome, et c’est ainsi qu'il parvint au couvent des Frères Mineurs.

Les démons ne pouvaient tenir contre la pur=té, l'innocence et la profonde humilité de Frère Juninère. (Cela était tellement connu que quand on amenait des démoniaques à saint François lui-même pour qu'il les délivrât, si l'esprit malin ne s’éloignait pas à sa parole, le Saint le menaçait disant: “ Si tu ne sors pas bien vite, je fais venir Frère Junipère,”

endre.

r une enfant >s Roand ils

Ils le qu'il t l’acnipère on lui , con- Enfin, sieurs nc ce nilité, : pour as de ipère, [leries te, fit rome, rrères

urrté, Junid on nême gnaît Si tu ère,”

Et alors craignant la présence de ce Frère et ne: pouvant d’ailleurs supporter les vertus et surtout l'humilité de saint François, le démon se hâtait de prendre la fuite. (1)

Tels étaient avec les douze, les nouveaux disciples accourus à Sainte-Marie-des-Anges et que saint François envoya à travers l’ivalie, à la conquête des âmes. C'était en l’année 1211. François lui-même, prêchant d'exemple à ses Frères, se livra à de nombreuses courses apostoliques et sema partout les prodiges sur ses pas. |

(1) Fioretti.

Page 1