FEANÇOIS BT INNOCENT III
Tant de simplicité, unie à une si pieuse obstination, GOQvainquit enfio loQOceat. Chez i'huoible meadiaot, il entrevoyait ud apôtre et un prophète dout aucun pouvoir ne saurait fermer la bouche. S il se sentait lui- même le saccesaeur de saint Pierre et ie vicaire de Jésus-Christ, il avait vu se dresser devant lui un homuie vil et méprisé, qui avec l'autorité de la foi absolue» se proclamait la souche d'une nouvelle lignée de chrétiens bien légitimes.
Les biographes oot cru que par cette parabole Fraoçois avait voulu surtout tranquilliser le pape sur le sort des Frères; elle aurait été une réponse aux préoccupations du pontife craignant de les voir mourir de faim. Il n est pas douteux qu elle o ait eu à Torii^ioe un sens tout diflTérent. Ëlle montre que malgré son humilité, François savait parler haut, et que tout son respect pour 1 Eglise ne Tempêchait pas de voir et de dire, quand il le fallait, que lui et ses frères étaient les fils légitimes de TÉvangile dont les membres du clergé n étaient que les extranei.
Nous retrouvons dans sa vie plusieurs exemples de celte hardiesse indomptable qui désarma Innocent III aussi bien que le futur Grégoire fX.
Dans un consistoire qui avait eu lieu sans doute entre les deux audiences, quelques-uns des cardinaux avaient exprimé Tavis que l'initiative des Pénitents d'Assise était une nouveauté et que leur genre de vie était bien au-dessus des forces humaines. «Mais, répliqua Jean de SainUPaul, si on prétend qu'observer la perfection évangélique et en faire vœu est chose nouvelle, irrationnelle ou impossible, n est-on pas convaincu de blasphème contre le Christ, auteur de l'Évangile ^? »