‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 104 sur 242 · Bon · texte numérisé non relu

Bon

VIE DË S. FRANÇOIS

Ces paroles avaieal vivemeat frappé lanocent III : il savait mieux que persouoe que le graod obstacle à la réforme de TEglise, c'étaient les biens ecclésiastiques, et que le succès meaaçaQt de l*hérésie albigeoise venait surtout de ce qu'elle prêchait la pauvreté.

Deux ans auparavaot, il avait accordé sa faveur à un groupe de Vaudois qui, sous le titre de Pauvres Catho^ UqueSf vouiaieut rester fidèles à TEglise^ ; il approuva donc les Pénitents d'Assise, mais ce fut comme Ta bien remarqué un chroniqueur contemporain, dans Tespérance qu'ils arracheraient à Thérésie son drapeau K

Ses hésitations et ses doutes n'étaient cependant pas entièrement dissipés. Il réserva donc l'approbation définitive, mais en prodiguant au!c Frères les plus affec^ tueux témoignages de son intérêt. Il les autorisait à continuer leurs missions partout, après avoir obtenu l'agrément des Ordinaires. Il exigeait aussi qu'ils se donnassent un supérieur qui serait responsablei et auquel

4. La tenlative de Durand de Huesca pour créer un ordre mendiant n'.i p is encore été étudiée avec exactitude. Chef des Vaudois d'Araj^on, il assista en 1207 à la conférence de Pamiers cl se décida à rentrer d ins l'Église. Reçu avec bonté par le pape, il eut d'abord un fort grand succès et dès 1209 avait établi des communautés en Ar i.;on, à Garcassonne, Narbonne, Béziers, Ximes, L'zès, Milan. On retrouve dans ce mouvement tous les linéaments de l'institut de saint Dominique; c'était un ordre de prêtres, où les études théologiques étaient recommandées. Ils disparurent à peu près complètement dans la tourmente de la croisade albigeoise. Innocent III, êpistolœ XI, 196, 197, 198; XII, 17, 66; XIII, 63, 77, 78, 94; XV, 82, 83, 90, 91, 92, 93, 94, 96, 137, 146. La premièr» de ces bulles conUent la Règle fort curieuse de cet ordre éphémère. Sur sa disparition, V. RipoU, BuUarium Pr€Bdieatorumf S "voL ill-^, Rome 1729-1740, t. I, p. 96. Cf. ÉUe Berger, A^ttlrat drinnoeent IV, 2752.

2. Burcbard, de Tordre des Prémontrés, qui mourut en 1226. Voir ce texte p. 207.

s. FUAiNÇOU El liNiNOCEM lll 115

i*autorité ecclésiastique pourrait toujours s'adresser; François fut naturellement choisi^. Ce fait, si humble en apparence, constituait définitivement la famille franciscaine.

Les mystiques que Dous avons vu aller de village en village^ ivres d*amour et de liberté, viennent sans y penser d'accepter le joug. Ce joug les préservera de l'éuiiettement des hérétiques, mais il se fera durement sentir aux âmes pures qui regarderont la vie des premiers jours comme la seule vraiment conforme a l'Evangile.

Lorsque François eut entendu les paroles du souverain pontife, il se prosterna h ses pieds et lui promit de tout son cœur Tobéissance la plus complète. Le pape les bénissant leur dit : cAllez, Frères, que Dieu soit avec vous. Prêchez k tous la pénitence suivant que le Seigneur daignera vous Finspirer. Puis quand le Tout- Puissant vous aura fait multiplier et progresser, vous nous en référerez, nous vous concéderons ce que vous demandez, et nous pourrons avec plus de sécurité vous accorder encore davantage ^ »•

François et ses compagnons étaient trop peu au courant de la phraséologie romaine pour s^apercevoir qu'en définitive le Saint-Siège avait uniquement consenti à suspendre son jugement devant la droiture de leurs intentions et la pureté de leur foi ^.

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