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A LA PORTIONCULB
«Voici nne exhortation que toas les frères pearent
faire quand ils le croiront bon : Craignez et honorez Dieu, loaez-le et bénisses-le. Eendez-Iat grâces. Adorez le Seigneori le Dieu toat-paissant, dans la Trinité et dans l'unité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Repentes-Yons, faites des fruits dignes de la repentance, car TOUS savez que nous mourrons bientôt. Donnez, et il vous sera donné* Pardonnez, et il vous sera pardonné ; car si toqb ne pardonnez pas. Dieu île vous pardonnera pas. Heureux ceux qui meurent repentants, car ils seront dans le royaume des cieux... Abstenez- ▼ouB soigneusement de tout mal, et persévérez jusqu'à la fin dans le bien,
On voit combien cette première prédication franciscaine était siojpie et toute morale. Les broussailles du dogme et de la scolasiique en sont ftolalement absentes. Pour comprendre combien cela fut nouveau et rafraîchissant pour les Ames, il faut étudier les disciples venus après lui.
Avec saint Antoine de Padoue (f 13 juin 1231, caDooisé en 1233 ^j, qui fut le plus illustre, la chute est immense; la distance entre ces deux hommes
1. Cap. 21. Cf. Fior. I consid.\ 18; 30; Covform. 103 a 2; 2 Gel. 3, 99; 100; 121. V. MOller, Anfânge, p. 187.
2. V. ses Optra omnia po$Hlli$ illuêtrata, par le P. de la Haye, 1739, in i^. Pour sa vie, Surius et Wadding ont arrangé et tronqué les sources qa'ila awent sotis les yeux ; les BoUandistes n*ont eu qu'une légende dû XV* siècle. Le manuscrit lat. 14363 de la Nationale, en donne une qui remonte au XIII«. V. R. P. Hilalre de Paris : Saint Antoine de Padoue^ sa légende primitive. Mont reu il -sur- Mer, Imprimerie Notre-Daiao-des-Prés 18'J0, 1 vol. in-S"». Cf. Icgenda seu vita et miracuîa S. Antovu tœculo XllI'^ concinnata ex cod. memb. antoninœ bibliothecœ a P. M. Antonio Maria Josa min. conv., Bologne^ 1883, 1 vol. 8«.
148 VIE DE S. FAAI^fOlS
est aussi graode que œlle qui sépare Jésus de saini Paul.
Je Q accuse pas le disciple; il était de sou temps eo ne sachant pas dire simplemeot ce qa*il pensait, en Toa* lant toujours le quiotessencier, ou Textraire par des efforts à la fois laborieux et puérils de passages de la Bible délourûés de leur sens naturel : ce que les alchimistes faisaient en combinant sans cesse de bizarres mélanges, et en se figurant qu'ils en feraient sortir de Tor, les prédicateurs le faisaient sur les textes pour en faire sortir la vérité.
L'originalité de saint François n'en est que plus éclatante et plus méritoire ; avec lui la simplicité évaogélique reparaît*. Comme Talouelte, à laquelle il aimait tant à se comparer il n'était à l'aise qu'en plein ciel. Il resta ainsi jusqu'à sa mort. L'épître à tous les chrétiens, dictée dans les dernières semaines de sa vie» répète les mêmes idées dans les mêmes termes, peut-être avec un peu plus d'attendrissement et une nuance de tristesse. Le vent du soir qui lui souffle au visage et emporte ses paroles, leur fait un mystérieux accompagnement.
a Moi frère François, le plus petit de vos serviteurs, je vous prie et je vous conjure par TAmour qui est Dieu même, avec la volonté de me jeter à vos pieds et de les baiser, de recevoir avec humilité et amour ces paroles et toutes les autres de notre Seigneur Jésus-Christ, de les mettre à proût et de les observer.»
1. Ce cai^actère évangélique de sa mission est mis en relief par tous ses biographes. 1 Gel. 5G; 84i 89 i 3 Soc. 25; 34; 40; 43; 45; 48; 51; 57; 2 Gel. 3, 8; 50; 93.