‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 121 sur 242 · Fior. 8 ; Spse. 80 b ss. ; Canfarm. 90 b 3 et 140 a · texte numérisé non relu

Fior. 8 ; Spse. 80 b ss. ; Canfarm. 90 b 3 et 140 a

1 Je n'ai pas besoin de noter Tanalogie de fonne entre oe chapitre st le célèbre chant de saint Panl sur l'amoiir. 1 Cor. Xm.

François est conteoue dans ce chapitre des Fioretti*. Il nous fait prévoir quelle sera son attilude vis-à-vis de la science et nous aide à comprendre comment ce saint fameux a été un si pauvre thaumaturge.

Douze siècles auparavant» Jésus avait dit : c Heureux les pauvres en esprit — Heureux ceux qui souiTreot.» Les paroles de saint François n^eo sont que le commentaire, mais ce commentaire est digue du texte.

11 reste à dire un mot de deux disciples toujours étroitcdieat unis à frère Léon dans lessouvenirs franciscains, Uufin et Masseo.

Né d'une famille noble apparentée à celle de sainte Claire, le premier fut bientôt remarqué dans TOrdre comme visionnaire et extatique, mais il était d^une grande timidité qui TaiTêtait dès qu'il voulait prêcher : aussi le trouve-t-on toujours dans les ermitages les plus isolés, aux Carceri, à TAlverne, à Greccio ^.

Masseo, de Marignano, petit village de la banlieue d* Assise, était lextrême opposé: beau, bien fait, spirituel, il attirait les regards par sa belle prestance et avait une grande facilité de parole; aussi occupe-t-il une place à part dans la tradition franciscaine populaire. Il la mérite: saint François, pour éprouver son humilité, en lit le portier et le cuisinier de Termitage^» mais dans ces fonctions Masseo sut se montrer si parfait

1. On retrouve lee mêmes idées, avec des termes presque semhlables dans le eop. V des Verba âoer» admonUionU.

S. Il est le seeond des Trois Compagnons, 8 Soc. 1 ; Cf. 1 Gel. 95; Fîor. 1; 29; 30; 31; EcclestonlS; Spec, llOt— lUb; Conform.

5! b 8s.; Cf. 2Cel. 2, 4.

3. Très probablement celui des Carceri, quoique le nom ne soit pas indiqué. V. 3 Soc. 1 ; Fior, 4; 40; 11; 12; 13; 16; 27; 32; Conform. 51 b 1 ss.; Tribul. Archiv, t. U, p. 263.

A LA PORTIONCOLB

Mineur qméba lors le Maître aimait particulièreaient à l'avoir pour compagooQ daos ses courses missionoaires.

Un jour, ils étaient eosemble en route, lorsqu'ils arrivèrent à un carrefour où se croisaient des ctxe' mins pour Sienne» Arezzo et Florence.

— Lequel prendrons-nous? dit Masseo.

— Celui que Dieu voudra.

— Mais comment saurons-nous celui que Dieu voudra?

— Tu vas le voir. Va te placer à la croisée des roules, mets-toi à tourner comme font les enfants et ne t'arrête que lorsque je te le dirai. »

Frère Masseo se mit à tourner; pris de vertige, il se laissait tomber, mais se relevait aussitôt. En6n François lui cria: a Arrête! De quel côté es- tu tourné?

— Vers Sienne.

— Et bien, Dieu veut que nous allions k Sienne ^ Ce moyen de se déterminer, n'est sans doute pas

d'un usage jourDalier dans la vie, mais François en emploiera d'autres encore, analogues sinon pour la forme, du moins pour le fond.

Jusqu'ici nous avons vu les frères réunis dans leurs ermitages, ou courant les routes pour prêcher la repentance.

Ce serait cependant une erreur de se figurer toute

leur existence ainsi. Il faut absolument^ pour comprendre les premiers Franciscains, oublier ce qu'ils ont pu être depuis lors, et ce que sont des moines en général : si la Portioncule était un monastère, elle était aussi un

atelier où chaque frère continuait le métier qu'il faisait

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