‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 134 sur 242 · PREMIÈRES TENTATIVES SUR LES INFIDÈLES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES TENTATIVES SUR LES INFIDÈLES

eiïK se dispersaient de tous cùlés comme des étrangers et des voyageurs. lis n'avaieot rien» mats déjà ils croyaient distinguer les signes de la grande et dé&nitive palingé- V Désie. Comme Texilé de Patmos, ils voyaient c descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, parée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. ... et le trône sur lequel est assis le Désiré des nations, le Messie des temps nouveaux, celui qui doit faire toutes choses nouvelles^. »

Cependant tous les yeux étaient tournés vers la Syrie, où un chevalier français, Jean de Brienne, venait de se déclarer roi de Jérusalem (1210), et vers laquelle se jetaient les bandes de la croisade des enfants.

La conversion de François, si radicale qu elle eût été, n'avait pu que donner à ses pensées et à sa volonté une direction différente, mais non pas changer le fond même de son caractère. « Dans un cœur grand tout est grand. » On a beau changer en se convertissant, on reste le même. Ce qui change ce n*est pas le converti, c'est son milieu; il s*est tout à coup jeté dans un chemin nouveau, mais il y court avec les mêmes ardeurs. François ^ était resté chevalier, et c'est peut-être ce qui lui a acquis ' à un si haut degré, le culte des plus belles âmes du . moyen âge. Il y avait en lui ce besoin d'inconnu, cette ' soif d'aventures et de sacrifices qui rendent l'histoire ^ de son siècle si grande et si attachante, malgré bien des • côtés sombres.

Les génies religieux ont d'ordinaire le privilège de riDosion. Ils ne voient jamais tout à fait combien le monde est grand* Lorsque leur foi a transporté une

1. Apoc. ai i 1 Gel. 46 i 3 Soc. 57-59 ; An. P$ruê. A. SS. p. GOO.

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montagne, ils tressaillent d'allégresse, comme les vieux lutteurs hébreux» et il leur semble voir poindre Taurore (lu jour (COU la gloire de rÉternei apparaîtra, où le loup et Tagneau paîtront ensemble, Bienraisante iUusioo, qui enivre comme un vin généreux, et jette les soldats du bien à l'assaut des forteresses les plus effrayantes, et leur laisse croire que celles-là prises, la guerre finira.

François avait trouvé tant de joies dans son union avec la Pauvreté, qu'il se tenait pour assuré qu'il suffi* sait d'être homme pour aspirer au même bonheur» et que les Sarrasins se convertiraient en foule à l'Évangile de Jésus, annoncé dans toute sa simplicité. 11 partit donc de la Portioncule pour cette croisade d'un nouveau genre. On ignore dans quel port il alla s'embarquer. C'était probablement dans l'automne de d212; une tempête ayant jeté le bateau sur les cotes de TEscIavonie» il dut se résigner ou à rester plusieurs mois dans ces parages, ou à retourner en Italie; il se décida pour le retour» mais eut beaucoup de peine à se faire admettre sur un bateau qui partait pour Ancône. Il n en voulut cependant pas aux matelots ; les vivrez ayant manqué, il partagea avec eux les provisions dont on l'avait comblé*

A peine à terre, il commença une tournée de prédicaiiou, où les âmes répondirent avec plus d*empressement encore que par le passé à ses appels^. On peut croire qu il revint d'EscIavonie dans l'hiver de 1212 à 1213» et qu'il employa le printemps suivant à évangé-- User l'Italie centrale. Peut-être est-ce durant ce carême, qu'il se retira dans une ile du lac ïrasimàne et y fit un

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