Chapitre général de ±211 K
A partir de la Peotecôte de i2i7» les iodications chronologiques sur la vie de François sont assez nombreuses pour rendre les erreurs presque impossibleâ.
i. On fixe d'ordinaire soit à 1217 soit à 1219 le commencement des grandes missions et l'institution des ministres provinciaux, mais ces dates présentent toutes deux de grosses difficultés. J'avoue ne rien comprendre à la violence avec laquolle les partisans de l'une et de l'autre défendent leur opinion. Le toxle le plus important est un passage des 3 Soc. G2 : Expletis itaque undecim annis ah incepdone religioniSf et multiplicatis numéro et merilo fratribus, eUcti fuerunt ministn^ et missi cum aliquot fratribus quasi per universas mundi provineia» in qu^nu fide» eatholica eolitur et êervatur. Que désigne ce terme : inceptio religionia ? au premier abord on y voit sans hésiter la fondation de l'ordre» qui eut lieu en avril 1209, par la réception des premiers frères ; mais en ajoutant onze années complètes à cette date, on tombe à Tété de 1290. CeUe-ci est manUestement trop tardiTe, car les 3 Soc. disent que les frères partis Auront persécutés dans la plupart des contrées d'ontre-montSy comme n'syant aucone lettre pontificale ponr les accréditer: or la buUe Cum dileeti porte la date du 11 juin 1S19. On est ainsi amené & penser que les onze années ne doiTont pas être comptées de la réception des premiers frères, mais dé la conversion de François, que les auteurs ont bien pu qualifier de ineep" iio re/i^io»Juv, en employant {)eut-tlre un j eu improprement ces mots , or 1206 -f- H — 1217. L'emploi de cette expression pour désigner Li conversion n'est pas tout à fait sans exemple: Glassberger dit {An. fr,^ p. 9) : Orditiem miuovum inccpit (nnio 1206. Ceux qui admettent 1219, sont obligés (comme les lîoll mdistes par exemple) d'attribuer au texte des 3 Soc. une inex ictitude, celle
Il n*en est malheureusement pas de même pour les dix-huil mois qui préoèdeol (automne 1215 — Pealacôte 1217). Pour cette période ou eu est réduit à des hypothèses ou peu s*eD faut.
Comme François n*entreprit alors aucune mission à l'étrauger, il employa sans doute ce tempe à évaugéliser ritalie centrale et k consolider les bases de son
d'avoir compté onze années écoulée», là où il s'a^T^issiit seulement de dix. Il est à noter que d ins les deux autres indications chronologiques données par les 3 Soc. {21 et G2), ils comptent à partir de la conversion, c'est-à-dire 120G, ainsi que Thomas de Celano: 83, 105, 110, 97, 88, 57, 55, 21. Chose curieuse, les Conformités re- ))roduisent le passage des 3 Soc. (118b 1), m.ds avec le ch mgemen!: Nono anno ab inceptione religionis, Jourdain de Giano ouvre h porte à bien des scrupules: Anno vero Domini 1219 et nnno convenioniê ejus decimo f rater Franeiseus . . . misit fratres in Franeiamt inTheutoniam, inHungarianit in Hispaniamf JonLS. ComnQe un peu plus loin le même auteur fait avec raison concorder iS19 avec la seiiième année de la conversion de François, toat le monde s*accorde k reconnaître que le passage cité a besoin d'ans coiTection ; nous n'avons malheureusement qu'un seul manuscrit de cette chronique. Glassberger, qui en avait sans doute un antre sous les yeuxy substitue 1217, mais U a pu tirer cette date de quel* que autre document. 11 est à noter que frère Jourdain donne comme rimultané le dépari des frères pour l'Allemagne, la Hongrie et la France ; or, pour ce dernier pays, il eut certainement lieu en 1S17. De mt^rae le Spéculum 44 a.
La Chronique des XXIV généraux et Marc de LisLonne (éd. Dioh, t. I, p. 82) tiennent aussi pour 1217, si bien que sans être définitivement établie , cette date paraît cependant devoir ^tre acceptée jusqu'à nouvel ordre. Partis de prémisses un peu différentes, les savants éditeurs des Analccta arrivent à la même conclusion (t. II, p. XXV-XXXVI). Cf. Evers, Aualccta ad Fr. Minorum hiatoriam. Leipzig 1882, in-4o, p. 7 et 11. Ce qui me piraît faire nettement pencher la balance en faveur de 1217, c'est le fait que les frères en mission ont été persécutés parce qu'ils n'avaient aucune pièce de légitimation, or en 1219 ils auraient eu la bulle Cum dilecti du 11 juin de cette année. Les Bollandistes qui tiennent pour 1219 ont si bien vu l'argument qu'ils ont dû nier l'authenticité de la bulle (ou tout au moins la supposer mal datée). A. SS., p. 839.
CUAPITAB GBNiaAL DJB 1217
iostitutioo. Sa présence à Rome, peaciaot le concile de Lalran (i 1-30 novembre i2iô), est possible, mais D*a laissé aucune trace dans les biographies primitives. Le concile s'occupa certainement de TOrdre nouveau^, mais ce fut pour lui renouveler l'invitation déjà faite par le souveraio pontife, cinq ans auparavant, de choisir une des règles déjà approuvées par l'Église 2. Saint Dominique qui était alors à Rome, pour solliciter la confir* matioQ de son institut, reçut le même avis, et s*y conforma aussitôt. Le Saint-Siège aurait volontiers concédé aux Frères Mineurs des constitutions particulières, s'ils avaient adopté comme base la règle de saint Benoit: c'est ainsi que les Clarisses, sauf celles de Saint-Damien, tout en conservant leur nom et un certain nombre de leurs coutumes, durent professer la règle bénédictine.
Malgré toutes les sollicitations, Frangois s^obstina à garder sa Règle. On est tenté de croire que c'est pour conférer de ces questions, qu'il se trouvait à Pérouse, en juillet 1216, lorsque mourut Innocent IIP.
1. V. A. SS. p. 604. Cf. Angelo Clareno» TribuU Àrehiv I, p. 559. A papa Jnnœentio fiiii omnibus annuntiiUum in eoneilio gen»' t*alt...., êicut $anetu$ vir fr* Léo seribit et fr. Johannes de Celano. Ces lignes n'ont peut-être pas la portée qu'on serait tenté de leur
attribuer à première vue, leur auteur ayant pu confondre eomilium
et consistorium. Le Spéculum 20 b dit : Eam {Regulam Innocentiiis) approbavit et conceanit et postca in conaiatûi'io omnibus annuntiavit.
2. Ne nimia Religionum diversitaa gravent in Ecclesia l)ei confusioticm indueatt fimniter prohibemus, ne quis de cœtero novamReligionem inveniat : sed quieumquevoluent ad Religionem converti f unam de approbatis assumât. Labbé et Gossart: Sacrosancta eoneilia. Paris 167â. T. XI, col. 165.
3. EecL 15 (An, franc, 1. 1, p. 253.).* /tmocsnh'um in e^juB otntu fuit preeentialiter 8, Franeieeus.
Quoi quil en soit, vers cette époque les chapitres prireai uae grande importance. L'Église qui avait assisté avec des sratiments assez mélangés à la fonda^ tioD de rOrdre, ne pouvait plus se contenter dëtre le simple spectateur d'uo si profond mouvement; il fallait l'utiliser.
Hugolin était merveilleusement préparé pour cette
besogne: Jean de Saint-Paul, évôque de la Sabine, chaîné par Innocent III de s'occuper des Frères, étaot mort en j2l6, il n'hésita pas à offrir sa protection à François qui accepta avec reconnaissance. Cette offre extraordinaire est longuement racontée par les Trots Compagnons^. Il faut sans doute la fixer à Tété de 1216^, immédiatement après la mort de Jean de Saint-Paul.
Il est bien possible que le 29 mai 1216, ait eu
lieu le premier chapitre tenu en présence de ce cardinal. Par une erreur fort commune en histoire, la
plupart des auteurs franciscains ont reporté à une seule