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CHAPITRE XIII Saint Dominique et saint François

Mission d^Égypte.

(Été 1218 — antomiie 1890.)

L*art et la poésie ont eu raisoo d'associer inséparablement saint Dominique et saint François : la gloire du premier n*est qu'un reflet de celle du second, et c*est

6D les rapprochant qu'on arrive le mieux à caractériser le génie du Poyerello.

Si François est l'homme de l'iDspiration , Dominique est celui de Tobéissance au mot d'ordre» et Ton peut dire que sa vie se passa sur les chemins de Rome où il allait sans cesse demander des instructions.

Aussi sa légende fut-elle bien lente à se former, quoique rien ne Tempéchàt de s*épanouir librement ; mais ni le zèle de Grégoire IX pour sa mémoire, ni la science de ses disciples n'ont pu faire pour le Maiieau des hérétiques, ce que Tamour des peuples avait fait pour le Pèré des pauvres. Sa légende a les deux défauts qui lassent si rapidement les lecteurs des écrits hagio- • graphiques, quand il s*agit de saints dont TÉglise a

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imposé ie culte ^ : elle est eocombrée d uu surnaturel de mauvais aloi, et de traits empruntés à tort et k travers aux l^eodes aotérieures. Le peuple itaiieu, qui avait salué eu François Tange de toutes ses espérances, et qui se montrait si avide de reliques, ne songea même pas à relever le cadavre du fondateur de TOrdre des Frères Prêcheurs, el le laissa attendre douze ans les gloires de la canonisation

On a vu plus haut les tentaliVes du cardinal Hugolin pour réunir les deux ordres, et les raisons qu'il avait pour cela. Il se rendit au chapitre général de la Pentecôte, réuni à la Portioncule (S juin 1218), auquel saint Dominique vint assister aussi avec quelques-uns des siens. Le cérémonial de ces solennités semble avoir été

k peu près toujours le même depuis 1216 : les Frères

Mineurs se rendaient processionnellement à la rencontre * du cardinal, qui descendait aussitôt de sa monture et leur prodiguait toutes les marques de son affection. Un autel était dressé en plein air, auquel il chantait la

messe, el François remplissait les fonctions de diacre'*

1. Une preave dt robBcurité dans laqueUe resU Dominique, tant que Rome n'eut pas fait son apothéose, c'est que Jacques de Vitry qui consacre aux Frères Prêcheurs tout un chapitre de son HUtoria

Oceidentalis (27, p. S33) ne nomme même pas le fondateur. Ceci

est d'autant plus significatif qu'à (|nel(|ue8 pa»^es de distance, !e chapitre consacré aux Frère:? Mineurs est presque entièrement rempli par la personne de saint François; aussi ce silence sur s lint Dominique a-t-il été rem u qué et relevé par Moschus, qui n'a pas trouvé de moyen pour l'expliquer. V. Vitam J. de Vitriaco, en lête de l'édition de Douai 1597.

2. François mort en 422G est canonisé en 1228 ; Antoine de Padoue, 1231 et 1233 ; ÉUsabelh deThuringe, 1231 et 1235, Dominique, 1221 et 1234.

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