DOHINIQIiB ET S. FRANÇOIS
Il est facile de 8*imaginer l'émotion qui s'emparait des assistants, lorsqu'éclatalt dans ce cadre de paysage ombrien, cet office de la Pentecôte, le plus enivrant, le plus apocalypiique de la liturgie catholique: l'antienne ] ' AUeluia^ AHehUa^ Ermite Spiritum tuum et ereaburUur, \ et renovabis faciem terrœ. Alléluia ^, ne renfermaitTeile j j pas tout le rêve franciscain?
Mais ce qui émerveilla surtout Dominique, ce fut l*abseDce de préoccupations matérielles. François avait recommaadé à ses frères de ne s'inquiéter de rien pour le boire ou le manger; il savait par expérience qu'il pouvait sans crainte s'en remettre à l'amour des populations voisines. Cette insouciance avait vivement étonné Dominique, qui la trouvait exagérée; il put se rassurer, le moment du repas venu, en voyant les habitants de la contrée, accourus en foule, apporter bien plus de provisions qu'il n en fallait pour les quelques milliers de frères, et tenir à honneur de les servir.
La joie des Franciscains, la sympathie du peuple pour eux, la pauvreté des huttes de la Portioncule, tout cela Timpressiouna vivement ; il en fut si ému que dans un élan d'enthousiasme, il annonça sa résolution d'embrasser la pauvreté évangélique 2,
Uugolin, quoique touché, lui aussi, jusqu'aux larmes^,
1. RépandM, Seigneur, votre Esprit, et tout sera créé, et vous renouvelleref la fiice de la terre.
2. 2 Gel. 3, 87 ; Speù. 432 b; Conform. 207 e, il2 a; Ftor. 18. Les historiens de saint Dominique n*ont pas fidt bon aocneil à ces
détails, mais un point incontestablement acquis par des documents
diplomatiques, c'est qu'en 1218, Dominique, à Home, se faisait donner des privilèges où les propriétés de son Ordre étaient indiquées, et qu'en 1220 il amenait ses Frères à professer la pauvreté.