‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 169 sur 242 · DOMINIQljB ET S. FAANÇ0I · texte numérisé non relu

DOMINIQljB ET S. FAANÇ0I

cbaDgemeot de vie, ceux d*eotre eux qui étaient sincères al venus avec de généreuses illusions, étaient pour ainsi dire prédestinés à entrer dans la pacifique armée des Frères Mineurs. François devait conquérir dans cette mission les collaborateurs qui assureraient le succès de son œuvre dans les pays du nord de TEurope.

Notre compatriote Jacques de Vitry, dans une lettre adressée quelques jours après à des amis, raconte ainsi rimpression que lui produisit François :

«Je vons annonce que Maître Reynier prieur de

Saint-Michel est entré dans l'Ordre des Frères Mineurs, Ordre qui se multiplie beaucoup de tous côtés, parce qu'il imite la primitive Église et suit en tout la vie des apôtres. Le Maître de ces Frères s'appelle frère François; il est si aimable qu'il se fait vénérer de tous. Étant venu dans notre armée, il n'a pas craint d'aller, par zèle pour la foi, à celle do nos ennemis. Durant de longs jours il a annoncé aux Sarrasins la parole de Dieu, mais avec peu de succès ; alors le Soudan, roi d'Égjpte, lui a demandé en secret de supplier Dieu de lui révéler par quelque prodige quelle est la meilleure religion. Colin Tanglais, notre clerc, est entré dans le même Ordre ainsi que deux autres de nos compagnons, Michel et Dom Matthieu, auquel j'avais confié la oure de la Sainte- Chapelle. Cantor et Henri ont fait de même et d'autres CDCore dont j'oublie le nom K »

Le long et enthousiaste chapitre consacré aux Frères Mineurs par le même auteur, dans son grand ouvrage

1. Jacques de Vitry ne parie id de François <iu'ineidemmentf au miliett des salutations, ce qui an point de Tue critique ne fidt qu*au|^ menter la valeur de ces paroles. Voir Tétude des sources p. CXXU.

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2G2 Vl£ DE s. FAANfOIS

sur rOccideQt, est trop développé pour trouver place icu C*est un tableau vivaul et exact des premiers temps de l'Ordre, où la prédication de François devant le Soudan est de nouveau racontée. Il fut tracé à une époque où les Frères n avaient encore ni monastères ni églises, et où les chapitres se tenaient une ou deux fois par an; oda nous reporte à une date antérieure à 1223 et même probablement à 122i« Nous avons donc là une contreépreuve des récits de Thomas de Celano el des Trois Compagnons, et ils y trouvent leur confirmation poooluelle.

Pour les entrevues de François et du Soudan, il est prudent de 8*en tenir à ce que racontent Jacques de Vitry et le Continuateur de Guillaume de Tyr ^. Quoique celui-ci ait écrit à une époque relativement tardive (entre 1275 et 1295), il a fait œuvre d'bistorien, et travaillé sur des documents authentiques : or, pas plus que Jacques de Yitry, il ne connaît Toffre qu'aurait faite François, de passer à travers le feu si les prêtres de Mahomet voulaient en faire autant, et d'établir par ce prodige la supériorité du christianisme.

On a vu combien cet appel à des signes est peu dans le caractère de saint François. Peut-être ce récit, fait par Bonaveoture, est-il né d'un malentendu. Le Soudan, comme un nouveau Pharaon, a pu mettre 1 étrange prédicateur en demeure de prouver sa mission par des miracles. Quoiqu'il ensoit^ François et son compagnon furent traités avec beaucoup d*égards, chose d^autant plus mériioire que les hoslililés étaient à leur comble.

De retour au camp des Croisés, ils y demeurèrent

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