DOIIINIQDB BT 8. FRANÇOIS
jusqu'après la prise de Damieite (5 novembre 1219).
Cette fois les chrétiens étaieat victorieux, mais le cœur de Vhomme évangilique saigna peut-être plus de cette victoire que de la défaile du 29 août. L'épouvantable spectacle de la ville que les vainqueurs trouvèrent remplie de monceaux de cadavres, les querelles pour le partage du butin, la vente des malheureux qui n'avaient pas succombé à la peste ^, toutes ces scènes de terreur, de cruauté, de convoitise, lui causèrent une horreur profonde. La bête humaine était lâchée, la voix de Tapôtre ne pouvait pas plus se faire entendre au milieu de ces clameurs de fauves, que celle d'un sauveteur sur un océan déferlé.
Il partit pour la Syrie* et les Saints-Lieux. Combien n'aimerait-ûQ pas pouvoir le suivre dans ce pèlerinage, l'accompagner par la pensée en Judée et en Galilée, à Bethléhem, à Nazareth, à Gethsémané. Que lui dit rétable où naquit le fils de Marie, Tatelier où il travailla, le bois d'olivier où il s'immola ? Hélas ! les documents nous abandonnent tout à coup complètement. Parti de Damiette fort peu de jours après la fin du siège (5 novembre 1219), il aurait pu aisément se trouver à Bethléhem pour Noël. Mais nous ne savons
1. Tout cela est raconté longuement dans la lettre de Jacques deVitry.
S. eu hom qai comença Tordre des Frères Menors, si ot nom frire François ... vint en Tost de Damiate, e i flst moult de bien, et demora tant qne la Tille fut prise. Il vit le mal et le péché qui comença à croistre entre les gens de Tost, si 11 desplot, par quoi il 8*en parti, e tn une pièce en Surie, et puis s'en rala en son pals. • Historiens des Croisades, t. II. VE»t de Sracles Empereur ^ liv. XXXU, chap. XV. Ci; Sannto : Seereta fid. erue.^ lib. III, p. XI, cap. 8 dans Bong irs.
rieo» absolument rien» sinon que son séjour se proloogea I
plus loDi^temps qu'on ne s'y alteiidait. I
Des frères qui avaient assisté à la Portioncule, au | chapitre général de 1220 (Pentecôte, 17 mai) eurent le i temps de venir en Syrie et d y trouver encore François^ ; ils ne purent guère y arriver que vers la fin de juin. Qu*avait-il l'ait pendant ces huit mois? Pourquoi n'était^il pas allé présider le chapitre? AvaiUil été malade^? S'était-ii attardé à quelque mission? Les renseignements que nous avons sont trop peu de chose pour qu ou ose hasarder même de simples conjectures.
Angelo Clareno raconte que le Soudan d'Egypte, touclié par ses prédications, ordonna que lui et tous ses frères auraient libre accès au Saint-Sépulcre» sans ayoir à verser aucun tribut*.
Barthélémy de Pise^ de son c6té, dit incidemment que François étant allé prêcher à Àntioche et dans les environs, les Bénédictins de Tabbaye de la Montagne-Noire^, à huit milles de cette ville, se firent en bloc recevoir dans rOrdre, et rendirent leurs propriétés au Patriarche.
On voit que ces deux indications sont bien pauvres, bien isolées. Ëncore la seconde ne doit-elle être acceptée que sous bénéfice d'inventaire. Par contre, nous avons