TrihuL 13b ; Spee, 54 b ; Arbor. V, 3 ; Spee, 8 b
VIE D£ S. FAANfOiS
La R^le de j2*23 au coQtraire, est un coQtrat syoallagmatique. Du côté divin, l'appel est devenu un ordre ; du côté humain, l'élan d amour est devenu un acte Je soumission» par lequel sera méritée la vie éternelle.
Il y a au fond de tout cela l'antiiiomie de la loi el de ramour. Sous le régime de la loi, nous sommes les mercenaires de Dieu, astreints à un travail pénible, mais rémunéré au centuple, et dont le salaire constitue un véritable droit.
Sous le régime de lamour, nous sommes les fils de Dieu, et ses collaborateurs; nous nous donnons à lui, sans calcul, sans espoir; nous suivons Jésus, non parce que cela est bien, mais parce que nous ne | pouvons pas faire autrement, parce que nous avons senti qu'il nous a aimés, et que nous l'aimons à notre tour. Une flamme intérieure nous entraîne irrésistiblement vers lui: El SpirUus et 6ponsa dicunl: Veni.
Il était nécessaire dinsister un peu sur l'antithèse de ces deux, règles: celle de 1210 seule est vraiment franciscaine. Celle de 1323 est indirectement Tceuvre de rÉglise, essayant de s'assimiler le mouvement nouveau qu elle transforme du même coup et fait dévier
coiuplèlement.
Celle de 1221 marque une étape intermédiaire. C*est
la rencontre des deux principes, ou plutôt des deux esprits; ils sq rapprochent, ils se côtoient, mais ne se confondent pas; ça et là il y a mélange, mais jamais combinaison, si bien que l'on peut sans peine séparer les divers éléments. Cette rencontre même est le reflet exact de ce qui se passait dans Tâme de François et de la rapide évolution de l'Ordre.
11 s'adjoignit, pour Taider dans son travail, frère
LA IltGLE DE 1221
Césaire de Spire, qui devait lui servir surtout par sa connaissance approfondie des textes sacrés;
Ce qui frappe tout d'abord, quand ou jette les yeux sur celte Règle de 1221, c*est sa longueur extraordinaire: elle ne compte pas moins de dix pages d'in-folio, alors que celle de 1223 n'en aura plus que trois. Enlevez-en les passages qui proviennent de la papauté et ceux qui avaient été arrêtés au chapitre précédent par les ministres assemblés, vous l'aurez diminuée à peine d*une colonne, et il vous reste, non plus une règle» mais une série d'appels émus, où le cœur du père parle, non pour ordonner, mais pour convaincre» pour toucher, pour éveiller au fond du cœur de ses enfants l'instinct de l'amour.
Tout cela est chaotique ou même contradictoire^,
sans aucun ordre, entremêlé de rayons de joie, de sanglots douloureux, d'espérances et de regrets. Ce sont des stances, où la passion des Ames parcourt tous les tons, passe par toutes les gammes, depuis les plus douces jusqu'aux plus viriles, depuis celles qui sont joyeuses et entraînantes comme un coup de clairon, jusqu'à celles qui sont troublantes, étouffées, comme une voix d outre-tombe.
€ Par le saint amour qui est Dieu^ je prie tous les Frères, tant les ministres que les autres, de mettre de côté tout obstacle, tout sonci, toute préoccupation, afin qu'ils puissent se consacrer entièrement à servir, aimer et honorer le Seigneur Dieu, d'un cœur pur, d'une intention sincère, ce qu'il demande par- dessus tout. Ayons toujours en nous un tabernacle et une demeure
i. Cf. cap. 17 et 21.
\I£ DE S. FBANÇOIS
pour celui qui est le Seigneur Dieu tout-puissant. Père, Fils et Saint-Esprit, qui dit: «Veillez et priez en tout temps, afin que vous soyez trouvés dignes d'échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. »
Tenons donc la Traie Toie, la vie et la vérité et le aaint Evangile de Celui qui a daigné, pour nous, quitter son Père, afin de nous manifester son nom, disant: € Père, j'ai manifesté votre nom k ceux que vous m'aves donnés, et les paroles que vous m'avez données, je les leur ai données. Ils les ont reçues et ils ont connu que je suis venu de vous, et ils ont cru que vous m'aves envoyé. Je vous prie pour eux, non pour le monde, mais pour ceux que vous m'avez donnés, afin qu'ils soient un, comme nous ne sommes qu'un. Je dis ces choses étant encore dans le monde, afin qu'ils aient la joie en eux. Je leur ai donné vos paroles, et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde. Je ne vous demande pas de les enlever du monde, mais de les préserver du mal. Sanctifiez-les par la vérité, votre parole est la vérité. Comme vous m'avez envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde, et je me sanctifie pour eux, afin qu'ils soient eux-mêmes sanctifiés dans la vérité. Et je ne vous prie pas seulement pour eux, mais pour ceux qui, par leurs paroles, croiront en moi, afin qu'ils soient tons unis, et que le monde connaisse que vous m'avez envoyé, et que vous les avez aimés comme vous m'avez aimé. Je leur ferai connaître votre nom, afin que l'amour dont vous m'avez aimé soit en enx, et que je sois en eux. >
Pbièbb :
Dieu tout-puissant, très haut et souverain, Père saint,
Seigneur juste, roi du ciel et de la terre, nous vous
LA aiCLB DB 1221
rendons grâce à cause de vous-même, de ce que, par votre sainte volontéi et par votre Fils unique et votre Saint-Esprit, vous avez créé toutes les choses spirituelles et corporelles, et de ce qu'après nous avoir faits à votre iniage et à votre ressemblance» vous nous aviez placés dans le paradis que nous avons perdu par notre péché. Et nous vous rendons grâce de ce que, après nous avoir créés par votre Fils, par cet amour qui est vôtre et que vous avez eu pour nous, vous l'avez fait naître, vrai Dieu et vrai homme, de la glorieuse et bienheureuse Marie, toujours Vierge, et de ce que, par sa croix, son sang et sa mort, vous avez voulu nous racheter, nous pauvres captifs. Et nous vous rendons grâce de ce que votre Fils doit revenir dans sa glorieuse majesté pour envoyer au feu éternel les maudits, ceux qui n'ont point fait pénitence et ne vous ont point connu, et pour dire à tous ceux qui vous ont connu et vous ont adoré et vous ont servi dans la pénitence : «Venez, vous qui êtes les bénis de mon Pire, recevez en partage ce royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. » Et | puisque nous, misérables et pécheurs, ne sommes pas I
dignes de vous nommer, nous demandons humblement à ! Notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils bien aimé, en ; qui vous avez mis votre bon plaisir, qu'il vous rende grâce pour tout, en même temps que le Saint-Esprit, le Paraclet, comme il voua plaira et comme il leur plaira ; nous l'en supplions lui qui peut tout devant vous, et par . lequel vous avez fait pour nous de si grandes choses. ' Alléluia.
Et nous prions la glorieuse Mère, la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel, Gabriel, Raphaël et tous les chœurs des Esprits bienheureux, les Séraphins, les Chérubins, les Trônes, les Dominations, les Principautés et les Puissances, les Vertus et les Anges,
ÎT
les Archanges, Jean-Baptiste, Jean évangéliste, Pierre, Pauly et les saints patriarclieS| les prophètes, les saints Innocents, les Apôtres, les Évangélistes, les Disciples, les Martyrs, les Confesseurs, les Vierges, les bienheureux,. Élie et Énoch, et tous les saints qui furent, qui seront et qui sont, nous les prions humblement, pour l'amour de vous, de vous rendre grâce, comme il vous plaît, pour ces choses, à vous Dieu souverain, vrai, étemel et vivant, ainsi qu'à votre Fils, notre très saint Seigneur Jésus-Christ, et à l'Ësprit Saint, le consolateur, durant les siècles des siècles. Amen. Alléluia*
Et nous supplions tous ceux qui veulent servir le Seigneur Dieu, dans le sein de l'Église catholique et apostolique, tous les prêtres, les diacres, les sons-diacres, les acoljtes et les exorcistes, les lecteurs, les poriiers, tous les clercs, tous les religieux et toutes les religieuses ; tous les enfants et les petits, les pauvres et les exilée, les rois et les princes, les ouvriers et les laboureurs, les serviteurs et les maîtres; les vierges, les continents et les mariés, les laïques hommes et femmes, tous les enfants, les adolescents, les jeunes gens et les vieillards, les malades et les bien portants, les petits et les grande, les peuples de toute tribu et de toute langue et de toute nation, tous les hommes de quelque partie de la terre que ce soit, qui sont ou qui seront, nous les prions et supplions, nous tous Frères Mineurs, serviteurs inutiles, que tous ensemble, d'un commun accord nous persévé* rions dans la vraie foi et dans la pénitence, car en dehors de cela personne ne peut être sauvé.
Aimons tous, de tout notre cœur, de tonte notre âme, de toute notre pensée, de toute notre force, de toute notre intelligence, de toute notre vigueur, de tout notre effort, de toute notre affection, de toutes nos entrailles, de tous nos déairs et de toutes nos volontés, le Seigneur