LES FRÈRES MINEURS ET L\ SGILACE SU
Jamais la science n*a été l^objet de plus de convoitises qu'au treizième siècle. L'Ëmpire et l'Église lui demandaient anuteusement des arguments pour défendre leurs préteatioQS réciproques. lauoceot III envoie k l*UniTersité de Bologne la collection de ses Décrétâtes et la comble de laveurs. Frédéric II fonde celle de Naples» et les Patarins eux-mêmes envoient leurs fils étudier k Paris, depuis la Toscane et la Lombardie.
On se rappelle le succès des prédications de François à Bologne ^, en août 1220 ; à cette nièiDe époque il avait vivement réprimandé Pierre Stacia, le ministre provincial qui était docteur ès lois, non seulement pour avoir installé les Frères dans une maison qui avait lair de leur appartenir, mais il Tavait surtout blâmé d y avoir organisé une sorte de collée.
Il paraît que le ministre ne tint pas compte de ces reproches. Lorsque François apprit son endurcissement, il le maudit avec une effrayante véhémence; son indignation était si grande que plus tard, à i^époque de sa mort» les nombreux amis de Pierre Stacia vinrent le supplier de révocjuer sa malédiction, mais tous leurs efforts furent inutiles^.
1. Les successeurs de François furent à peu pivs sans exception des l'iùves de Boloj^Mie : Pierre de Calane était docteur ès lois ainsi que Jean Parenti (Jord. 51). — Élie avait été scriptor à Bologne. — Albert de Pise y avait été ministre (Ecd. 6). ^ Aymon j avait été lecteur (Eccl. 6). — Crescentius fit des oumges de jarisprudence. Conform. 121 b 1 etc. etc.
S. Ce nom ne saondt être garanU : il s^appelle Johannes de Lasehaoda, dans un passage des Canformitêa (104 al); Pietro Sehiaccia dans le man. itaUen des TriMations (P> 75 a) ; Petrus Stacia dans le man. de la Laurentienne (13 b; cr. Archiv, II, p. 258). TribuL 13 b ; Spec. 184 b. Ce récit a subi dans d'autres endroits beaucoup d'amplifications : Spec, 12G a ^ Confoi^. 104 b 1.
Devant cette attitude du fondateur, il est bien difficile de croire à Tautheoticité du billet qui aurait été
adressé à ÂDtoioe de Padoue.
<A mon très eher Antoine, firère François, salut en Christ.
» «U me plaît que tous interprêtiez aux frères las saintes lettres et la théologie, de telle sorte cependant
(conformément à notre Règle) quc^ ni chez vous ni ches les autres, ne s'éteigne Tesprit de la sainte oraison, ce que je désire vive ment. Salut. »
Faut-il voir là autre chose qu'une pieuse supercherie, pour atténuer les déclarations si nettes et si nombreuses de François contre la science ?
Il est dilliciie de se tigurer la rivalité qu'il y avait, dès cetteëpoque, entre Dominicains et Franciscains, pour tâcher d'attirer dans leur ordre respectif les maîtres les plus illustres. On organisait de petites intrigues oii les dévoles avaient leur rôle, pour auiener tel ou tel docteur fameux à prendre Thabit ^. Si le but de saint François eut été scientifique, les frères de Bologne, de Paris et d'Oxford n'auraient pas pu faire mieux ^.
Le courant était si fort que les anciens ordres furent entraînés bon gré mal gré : une vingtaine d'années plus tard, les Cisterciens voulurent eux aussi devenir légistes, théologiens, décrétalistes et le reste*
Peut-être François n*avait-il pas aperçu dès Tabord la gravité du danger, mais l'illusion n'était plus possible,
\. V. Eccl. 3 ; Histoire de l'entrée dans l'Ordre d'Adam d'Oxford. Cf. Chartularium Univ, Par., t. I, 47 et 49.
2. Toute la cbrooiqoe d'Ëcdeston en est le vivant témoignage.
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et par la suite il se montra, comme oa l'a vu, d'uae implacable Fermeté. Si plus tardoDa trayesti sa pensée, il a fallu aux coupables, — les papes et la plupart des j premiers minisires généraux, — des tours de prestidigi-( talion exégétique qui ne sont pas à leur honneur : / « Supposez, disait-il, que vous ayez assez de subtilité/ et de science pour tout savoir, que vous connaissiez toutes les langues, le cours des astres et tout le reste, qu*y a-t*il là pour vous enorgueillir? Un seul démon en sait plus là-dessus que tous les hommes de la terre réunis^. Mais il y a une chose dont le démon est in* capable et qui est la gloire de Thomme : être Udèle à Dieu 2.»
On manque d'indications précises sur les chapitres de 4222 et 1223. Les modifications apportées au projet de J221 y furent discutées par les ministres^, et arrêtées définitivement ensuite par le cardinal Hugolin. Celui-ci eut à ce sujet de longues conférences avec