‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 22 sur 242 · Par exemple le vo^fsge de François en Espagne · texte numérisé non relu

Par exemple le vo^fsge de François en Espagne

3. i GeL 88. Ea êola qum neoe$9aria magU œeurruni ad prss- WÊDM^ intendimuê adnotarê. 11 est à remarier que dans le pro* logue il parle au singulier.

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mais quelques renseignements sont nécessaires pour replacer les documents dans leur milieu.

Elu ministre général en 1282, frère Elie en profita pour travailler avec une indomptable fermeté à la réalisation de ses idées. De nouvelles collectes furent organisées dans tontes les proTÎnees ponr la basilique d'Assise dont les travaux étaient poussés avec une activité qui n'a nui ni à la solidité de l'édifice, ni à la beauté des détails, aussi aebevés et aossi parfaits que dans aucun monument de r£urope.

On conçoit les sommes énormes qu'il avait fitllu drainer ponr mener à bien, en si peu de temps, une pareille entreprise. De plus, frère Elie avait exigé de tous ses subordonnés nne obéissance absolue : nommant et destituant les ministres provinciaux selon ses vnes personnelles, il négligeait de convoquer le chapitre général et envoyait dans toutes les i»rovinces ses émissaires, sons le nom de visiteurs, pour 7 assurer rezécution de ses ordres.

Les modérés d'Allemagne, de France et d'Angleterre trouvèrent bien vite ce joug insupportable. Il leur était dur d'être dirigés par un ministre italien résidant à Assise, bourgade placée en dehors des voies de la civilisation, tout à £sit étrangère au mouvement scientifique concentré dans les universités d'Oxford, Paris et Bologne.

Ils trouvèrent, dans l'indignation des zélanti contre Élie et son mépris de la Règle, un appui décisif. Le ministre n'eut bientôt, pour se défendre, que aou énergie, la laveur du pape et de rares modérés italiens. U réprima plusieurs tentatives de révolte par un redoublement de vigilance et de sévérité.

Ses adversaires arrivèrent cependant à s'assurer des intelligenoes en cour de Rome ; le confesseur du pape fut même gagné \ malgré tout, le succès de la conspiration était encore incertain quand s'ouvrit le chapitre de 1239.

VIE DE S. FUAiNfOIS

Grégoire IX , encore favorable à £lie^| le présidait. La peur donna tout à oonp du courage aux conjurés ; ils jetèrent leurs accusations à la ÎBce de leur ennemi.

Thomas d'Eccleston nous fki% un récit coloré de ce

qui se piissa. Elie fut fier, violent, mémo menaçant. U y eut alorsy des deux côtés^ des cris, des vociférations \ on allait en venir aux mains, lorsque quelques mots du pape ramenèrent le silence. Sa résolution était prise : il abandonnerait son protégé. Il lui &i demander sa démission. Élie, indigné, refusa.

Alors Grégoire IX expliqua qu'en le maintenant en charge, il avait cru répondre au vœu de la majorité, qu'il n'entendait pas l'imposer à l'Ordre, et que, puisque les frères ne voulaient plus de lui, il le déclarait déchu du généralat.

La joie des vainqueurs, dit Eccleston, fut immense et ineôable. Us choisirent Albert de Pise, provincial d'Angleterre, pour lui succéder, et mirent dés lors tout en œuvre pour représenter Elie comme une créature de Frédéric li^. L'ancien ministre écrivit bien au pape pour expliquer sa conduite, mais la lettre ne parvint pas à destination. Elle avait dû passer par les mains de son successeur qui ne la remit pas : lorsque Albert de Pise fut mort, on la trouva dans sa tunique'.

1. En iS38 il avait envoyé Êlie à Crémone, chargé d'une mission pom* Frédéric II. Salimbene ann. 12S9. — V. aussi raccueil de Grégoire aux appeltnts contre le général : Jord. 03.

2. Voir la lettre de Frédéric II à Élie sur la translation do sainte Élisabeth, mai 1236. Winkeimann, Acla, t. I, p. 299. Cf. Huillard- Bréholies. Hiët, dipl. Intr. p. oc.

3. Les éléments de ce récit sont : Catalogus Ministrorum de Ber» nard de fiesse» ap. Ehrle, Zeii$chrifl^ t. 7 (1883) p. 339. Spéculum 907 b et surtout 167 a— 170 a. Ecd. 13. Jord. 61—63. Spéculum Morin, tract. I, ^ 60 b.

iTUDE CAITIQUE DES SOURCES UX

Toute la fureur du vieux pontife se déchaîna contre Élie. U faut lire les docnments.poar Toir à quel diapason elle penTait monter. Le frère riposta avec une virulence moins verbeuseï mais plus accablante encore^.

Ces éTénements eurent à travers toute l'Europe un retentissement inimaginable*, et jetèrent dans l'Ordre un trouble profond. Beaucoup de partisans d'Elie se laissèrent persuader qu'ils avaient été trompés par un imposteur et se rapprochèrent du groupe des zélateurs qui ne cessait de réclamer Tobservation pure et simple de la Règle et du Testament.

Thomas de Celano fut de ce nombre^. Il voyait avec one profonde tristesse les influences innombrables qui traTsillaient sourdement l'institut franciscain et le menaient à sa ruine. Déjà dans les couvents circulait un refrain chantant la yictoire de Paris sur Assise, c'est*à* dire de la science sur la pauvreté.

Les zélateurs reprenaient courage. Peu accoutumés aux subtilités de la politique ecclésiastiquei ils ne comprenaient pas que le pape, tout en maudissant frère ÉliOi

1. àiêerébat etiam ipu pradietm fraUr Hêlyoê . • . papam . • • fraitdem faotrê de peounia collecta ad êuecursum Terrœ Sanetm, fmpfa etiam ad bmieptaeitum $uum in caméra $ua buUare elam etiine fratrum aeeeneu et etiam eedutae vaeuoê^ eed biillalac, muUae nuneiU euie traderet . • . e< alta malta enormia impoeuit iemino papœ, ponehê oê »uum in eelo, Matth. Paris, Chron, Maj. mm. 1239, ap. Mon. Ger. hist. Seript, U 28, p. 182. Cf. Fickor, n. 2085.

2. V. Ryccardi de S. Germano chron. ap. Afon. Gcrm. hisl. ScnpL t. 19, p. 380, ann. 1239. — Li lettre de Frédéric se plaignant de la déposition d'Élie (1239): Hiiillard- Bréhollcs, Hist. Dipl. V. p. 346—349. Cf. li Bulle, Attetidite ad peiram, fin février 1240, Ibid. p. 777—779. PoUhast, 10849.

3. 11 était sans doute aussi parmi les plus ardents adversaires de l'empereur. Son vfllacs avait été brûlé sur Tordre de Frédéric II en et les habitants transportés en Sicile, puis à Malte. Ricbird de S. Germano, loc. ctl. ann. 1328 et 1324.

ne modifiait en rien l'orientation générale qu'il avait donnée à TOrdre. Les ministres généraux Albert de Pise (1239—1240), Âimon de FaTenham (1840—1244), Crescentius de Jesi (1244 — 1247) furent tous, avec des nuances diverses, les représentants du parti modéré.

La première légende de Thomas de Celano était devenue impossible. Le rôle qu'il y donnait à Elle était presque un scandale. La nécessité de la remanier et de la compléter s'imposa clairement au chapitre de Gènes (1244).

Tous les frères, qui avaient quelque ebose à raconter sur la vie de FrançoiS| furent invités à le mettre par écrit et à l'adresser an ministre Crescentius de Jesi K Celui-ci fit immédiatement rédiger, sous forme de dialogue, un opuscule qui commençait par les mots: FenerabUium gesta FnUrum. Déjà au temps de Bernard de Besse on n'en avait plus que des fragments^.

Mais heureusement, plusieurs des travaux qui virent le jour à la suite de la décision de ce chapitre noua ont été conservés. C'est à elle que nous devons la Légende des Trois Compagnons et la Seconde Vie par Thomas de Celano.

1. V. le prol. de 2 Gel. et dos 3 Soc. Cf. Glassberger, ann. 1244. Ail, fr. t. II, p. 68. Spéculum Morin, tract. I, 61 b.

2. Catalogus Ministrorum^ édité par Ehrle: Zeitschrift^ t. 7, (1883) 5. Cf. Spec. 208 a. Marc de Lisbonne en parle un peu plus longuement, mais il en fait honneur i Jean de Parme, éd. Diola, t. Il, p. 38. D'autre part, dans le manuscrit 691 des archives duSacro-Convento à Assise, (c'est un catalogue de \\ bibliothèqpie du eonvent fait en 1881) on trouve, f^ 45 a, Tindication de cet ouvrage : % Dlfolo^ êomUiTum fwainan eum poitibui aijuê prmdpium 6fl: Fetiera&tlîa gmta patrum dignoêqwB memoria , finiê vero: non indigne feram me queque repenate eonaorfem. In que libre emnet qwttemi eunt XllL

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