Soc
S. Le ministre général Greseentins de leti fat un adversaire déciaré des sélatenri de la Règle. L'idée, contraire a été soutenue par M. M QUer {Anfânge p. 180); mais le savant érodit n*a, panit-il, pas connu les récits de la Cbroniqne des Tribulations qui ne laissent auenn donte sur les peraécutions qu'il dirigea contre les séktenrs {Archiv, t. II, p. 257-200). Si l'on était tenté de contester la valeur Ûatoriqne de ce témoignage, on en trouverait la confirmation dans les balles du 5 aoAt 1844 et du 7 février 1246 (Pottbasl 11460 et 120007). C'est aussi Grescentius qui obtint une bulle rappelant que la basilique d'Assise était Caput et Mater ordiniSf tandis que pour les zf' lateurs cette qualité appartenait à la Portioncule (1 Gel. 106; 3 Soc. 56; Bon. 23; 2 Gel. 1, 12; Conform, 217 b ss). (Voir aussi sur Grescentius, Glassberger ann. 1244. An fr. p. 69; Sbaralea Bull. ft\ I, p. 502 ss. Conform, 121 6 1). M. Mûller a été induit en erreur par une méprise d'Ecclcston 0 {An. fr. I , p. 235). Il est évident que le chapitre de Gênes (1244) n'a pas pu se prononcer contre la /)eclamtio Regulœ publiée le 14 nov. 1245. C'est au contraire Grescentius qui a provoqué cette Déclaration contre laquelle , non snns peine, les zélateurs trouvèrent une majorité au chapitre de Metz (1^9) présidé par Jean de Parme ennemi décidé de toute Declaratio (Archiv II, p. 276).
Cette manière de voir se trouve confirmée par un passage du Spéculum Morin (Rouen 1509), fo62a: In hoc Capitula [Narbonntg] fuit ardinatum quod declaratio D. Innoeentii p. IV ma* neat êutpmiêa êicut in Capitula METENSI, Et jirœceptum eit omnihuê ne quiê utatur ta in tif m quibuê expoêitioni D. Gregorii IX eantradiat.
VIB DE S. FAANfOIS
y a d'autres arguments à invoquer en faveur de cette hypothèse.
Frère Léon ayant eu le premier et principal rôle dans
la rédaction de Tœuvre des Trois Compagnons, on rappelle souvent Légende de frère Léon ; or, la Légende de frère Léon se trouve plusieurs fois citée textuellement par Ubertin de Casai, accusé par le parti de la commune observance en cour d'Avignon. Ubertin se serait évidemment bien gardé d'en appeler à un document apocryphe : une fausse citation aurait suffi à le confondrCi et ses ennemis n'auraient pas manqué d'exploiter son imprudence. Nous avons en mains toutes les pièces du procès*, attaques, réponses, ripostes, et nulle part nous ne voyons les relâchés arguer de faux leur adversaire. Celui-ci du reste fait ses citations avec une précision qui ne laisse rien à désirer *. Il en appelle à des écrits qui se trouvent dans l'armoire du couvent d'Assise et dont il a tantôt une copiOi tantôt un <Mriginal'.
Nous sommes donc autorisés à conclure que nous avons là des fragments qui ont survécu à la suppression de la dernière et de la plus importante partie de la Légende des Trois Compagnons.
1. Publiées avec tout Tapptreil scientifique nécessaire par le P* Ehrle S. X. dans ses études Zur VorgetchiehU dm ConciU van Vimnê. Ardûv II, p. 353-416; ni, p. Mfô.
2. Voir par exemple Archiv III, p. 53 ss. Cf. 76. Adduxi vet^a et facta b. Francisci sicut est aliquando in legenda et sicut a sociis sancti patris audivi et in ccdulis aanctœ memoriœ fratns Leonis Icgi manu cua comcripUif sicut ab ore beati Francisci audivit. Ib. p. 85.
3. Hœc omnia patent per sua [B, Franeisei] verba epq^rtua per sanctum fratrmn virum Leonem ejuê tocium tam de mandata saneti patriê quam etiam de devotione prœdieli finUriê fuerunt solemniîer eonêeripta, in libro qui habêtur in armario firatnm de Âssisio et in rotulis ejus^ quos apud me ?iabeo, manu ^oêdem fratrU Leoniê canMeripliê. Arehiv III, p. 168. Cf. p. 178.
<TUDB CaiTIQUB DES SOUaCES LXV
n n'y a pat à s'étonner que Tœnvre des plos ohers
amis de François ait subi de si grave^ mutilations. C'était le manifeste d'un parti que Crescentios pourtnmt de tOQt son pouvoir.
Après la réaction passagère du généralat de Jean de ParmOi nous Terrons un homme de la valeur de saint Bonaventure, provoquer la suppression de toutes les l^endes primitives pour leur substituer sa propre eompilationl
Il semble vraiment étrange que personne ne se soit
aperçu de Tétat fragmentaire de l'œuvre des Trois Compagnons.
Le prologue seul aurait dû suggérer eette idée. Pourquoi se mettre trois pour écrire ces quelques pages? Pourquoi cette énumération solennelle des frères dont ils invoquent le témoignage et la collaboration? Il 7 aurait une disproportion étonnante entre l'effort et le résultat.
De plue, les auteurs disent qu'ils ne se contentent pas de raconter les miradesi mais qu'ils veulent surtout exposer les idées de François, et sa vie avec ses frères ; or on chercherait inutilement, dans ce qui nous reste, des récits de miracles K
Une traduction italienne de cette légende, publiée par le P. Stanislao Melchiorri*, m'a tout à coup apporté une confirmation indirecte de ce point de vue. Ce religieux n'en est que l'éditeur et a pu seulement arriver à savoir qu'en 1577, elle avait été tirée d'un manuscrit très ancien, par un certain Mnsio Aohillei de San Séverine ^.
4. 3 Soc. j»rol. Non contenti narrare solum miracula . . , con-
veysatio)ii8 msignia et pii beneplacili voluntatem.
2. Leggenda di S. France»co, tipografia Morici e Badaloni, Recanati 1856, 1 vol. in-80.