Soc
3. En li74, oUe fiit prise par le cbanceUer de l'empire» Ghrétieii» archevêque de Majence. Â. Gristofeni, 1 1» p. 09.
JELNESSE DE S. FAAiN^OIS
se soumettre à Conrad de Souabe, duc de Spolète qui la liot en respect du haut de la forteresse*
Mais lorsque Innocent III monta sur le trône ponlifical (8 janvier 1189), le vieux duc se sentit perdu; il lui offrit de Targent, des hommes, sa foi; le pontife refusa tout : il n'aurait pas voulu paraître favoriser les Tadesques qui avaient si odieusement foulé le pays. Conrad de Souabe dut se rendre k merci et aller faire sa soumission à Narai entre les mains de deux cardinaux.
En gens pratiques, les Assisiates n'hésitèrent pas un instant: dès que le comte fut en route pour Nami, ils se précipitèrent à Tassaot du château. L'arrivée d'envoyés chargés d en prendre possession, comme domaine pontifical, ne les arrêta point; ils n'en laissèrent pas pierre sur pierre^.
Pui9 avec une incroyable rapidité, ils bâtirent à leur cité une enceinte de murailles, encore debout en partie, et qui témoignent par leurs masses imposantes de la vigueur avec laquelle toute la population y travailla.
N'est-il pas naturel de penser que François, qui avait alors dix-sept ans, fut un des plus vaillants ouvriers de ces glorieuses journées et qu'il y prit cette habitude de porter des pierres et de manier la truelle, qui devait lui être si utile peu d'années après?
Malheureusement ses compatriotes ne surent pas profiter de la conquête de leur liberté. Le bas peuple, qui avait pri^ dans cette révolution^ conscience de sa
1. Tons ces événements sont racontés dans les Geêta Inno» eenlii III ab anetore eoœtanêo^ édités par Balme: Migne Inn, op. t. 1, col. XXIV. Voir snrtont la leUre d'Innocent Beciorihuê Tuscior: Mirari cogimur da le avril 1198, Migne, 1. 1, éd. 75-77. Potthast n* 82.
Vlli DE S. FRANÇOIS
force, voulut poursuivre la victoire et s'emparer des bieos des nobles; oeux-d se réfugièreni dans leurs maisons fortifiées à rintérieur de la ville ou dans leurs di&teaax aux environs. On en incendia plusieurs; comtes et barons s'adressèrent alors aux villes voisines pour demander aide et secours.
Pérouse était à ce moment à Tapogée de sa puissance* et avait déjà fait bien des efforts pour se soumettre Assise ; aussi accurillit^lle avec empressement les transfuges et faisant de leur cause la sienne» déclara la guerre. C'était en 1202.
Une rencontre eut lieu dans la plaine» à peu près à moitié chemin entre les deux cités, non loin du Panie Saîi Giovanni. Les Assisiates furent vaincus, et François qui était dans leurs rangs fut fait prisonnier^.
La trahison des nobles n avait pas été générale ; quelques-uns s'étaient battus avec le peuple. Ils furent emmenés comme otages par les vainqueurs. Ce fut avec eux, et non avec les popolanù que François, en considération de la noblesse de ses mœurs ^, passa le temps de sa captivité ; elle dura tout un an.
Il étonna beaucoup ses compagnons par sa gaieté. Bien souvent ils le croyaient presque fou. Au lieu de passer ses journées h gémir et h maugréer, il faisait des plans d'avenir dont il parlait volontiers à tout venant. Il se figurait la vie comme la dépeignaient les chants des troubadours; rêvait de glorieuses aventures et
1, Voir Luigi Bonaui, S^orm di Perugia, 2 vol. in-S*. Pemgia 4875-1879, 1. 1, cap. V, p. ^7-322.
% 3 Soc. 4) 2 Gel. 1, i. CriitoCuii op. eit., I, p. 88 S8. ; Bonatii <»p. eîLf p. 257,