‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 7 sur 242 · Voir page · texte numérisé non relu

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Les écrits de saint François^ sont assurément la meilleure source à consulter pour arriver à le connaître, et on ne peut que s'étonner de les voir si négligés par la plupart de ses biographes. U est yrai qu'ils donnent peu de renseignements sur sa vie^ et ne fournissent ni dates, ni faits^; mais ils font mieux que cela : ils marquent les étapes de sa pensée et de son développement spirituel. Les légendes nous racontent François tel qu'il a été, et par là même subissant un peu le joug des circonstancesi obligé de se plier aux exigences de sa situation de général d'un ordre approuvé par l'Eglise, de thaumaturge et de saint. Ses œuvres, au contraire, nous montrent son fime même ; chaque phrase a été non

1. Rassemblés d*abord par Wadding (Anvers, 1033, in-4*) ils ont été publiés depuis lors bien des fois, en particulier par le P. de la Haye (Paris 1641, in-f»). Ces deux éditions devenues rares ont été reproduites — d'une manière fort peu satisfaisante — par l'abbé Horoy : S, Franciêci AsaUiatis opéra omnia (Paris, 1880, in-4<»). En l'absence d'une édition un peu exacte, celle du R. P. Bernardo da Fivizzano est la plus commode : Opuscoli di S. Francesco d'Assisiy 1 vol. in-12 de 564 p. Firenze, 1880. Le texte latin y est accompagné d'une traduction italienne. Prix 1.60.

2. « Die Briefef die unterseinem Namen geherif mùgen theilweise ùcht sein, Aber sie tragen kaum etwas zur nâheren Kenntnisa 6et und konnen daher f(ut ganz ausser Acht bleihcnn. M[ûller, Die Atifànge de$ Minaritmwrdeiu, Freiburg i/B., p. 3.

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seulement penséei mais vécue, et noua apporte encore palpitantes les émotiona du Pooerel^.

Aussi, lorsque dans les écrits des Franciscains, on trouve une parole de leur maître, elle se décèle d'ellemême, elle 86 détache tout à coup avec an son pnr et doux qui va réveiller une fée endormie au fond de votre âme, et vous fait tressaillir*

Cette fleur d'amour des paroles de saint François, serait un fort bon critère pour juger de l'authenticité des opuscules qui lui sont attribués par la tradition ; mais ce travail de triage n'est ni long ni difficile. Si plus tard, on a fait çà et là des efforts peu discrets pour lui faire honneur de miracles qu'il n'a pas faits, qu'il n'aurait même pas souhaité faire, on n'a jamais cherché à grossir son bagage littéraire de pièces fausses ou supposées ^ La meilleure preuve en est qu'il faut attendre Wadding, c'est-à-dire le dis-septième siècle, pour trouver le premier et le seul sérieux effort tenté en vue de réunir ces précieux souvenirs. Plusieurs se •ont égarés^, mais ce qui reste suffit pour nous donner en quelque sorte la contre-épreuve des légendes.

1. On a bien attribué i\ saint François des morceaux qui ne sont pas de lui; mais ce sont là des erreurs involontaires et faites sans airière-peDsée. Le souci de l'exactitude littéraire est relativement acavean, et U était plus facile, à ceux qui ignoraient Tauteur de esrteiiis opuscules frandscaini, de les attribuer à saint François, qne d^avouer leur ignorance ou de faire de longues recberdies.

S. Par oKemple la première Règle ; probablement aussi des cantiques; une lettre aux frères de France, Ecd. 6; une antre aux frères de Bologne : • Prœdixerat per litteram in qua fuit plurinum latinum9^ Eccl. ib. ; une lettre à Antoine de Padoue, autre que celle qui nous reste, puisque, au témoignage de Celano, elle était adressée : Fratri Antonio episcopo yneo (2 Gel. 3, 99); des lettres à mainte Claire: Scripsit Clarœ et sororibus ad consolationem Ulteram in quâ dabat benedictionem suam et absolvcbat^if etc. Conf, fo 185 a 1. Cf. Teat. B, Clarœ, A. SS. Augusti t. II,

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VIE DE 8. FUAMfOXS

Dans ces pages, François se donne à ses lecteurs comme 3 se donnait autrefois à ses compagnons; chacune d'elles est la prolongation d'uu sentiment| un cri du cosuTi ou un élan vers l'Inyisible.

Wadding a cru devoir insérer dans son recueil plusieurs pièces suspectes ; de plus, au lieu de suivre les manuscrits les plus anciens qu'il avait sous les yeux, il s'est souvent laissé égarer par des auteurs du seizième siècle, dont la critique et Texactitude étaient bien les moindres préoccupations. Pour éviter la longue et toute négative besogne à laquelle il faudrait procéder, si on le prenait comme point de départ, je vais me borner à une étude positive de cette question.

Toutes les pièces qui seront énumérées se trouvent dans son recueil. Elles 7 sont parfois découpées d'une façon bizxurre ; mais à mesure que chaque document sera étudié, on trouvera des indications suffisantes pour opérer les redressements nécessaires.

Les archives du Sacro-Convento d' Assise ^ possèdent

p. 707 : f Plura teripta tradiâU nobis, ne pa$t mortem tuam dseli-

naremus a paupertate; des lettres au Cardinal Hugolin. V. 3. Soc. 67, Ce n'est pas seulement à la négligence qu'il faut attribuer la perte (le bien des opuscules : « Quod nephas est cogitare^ in provincia Marchie et in plunbus aliis locis testamentum beati Francisci mandaverunt {prelati ordinis) districte per obcdieritiam ab omnibus auferi et comburi. Et uni fratri dcvoto etsancto^ cujus nomen est N. de Rocanato combuxerunt dictum testamentum supei' caput suum. Et toto conatu fuerunt soUiciti^ annularc scripta beati patvis )iostri Francisci, in quibus sua intentio de observantia régule declaratur ». Ubertin de Casai, apud Archiv, lit, p. 168-169.

i. L'Italie est trop aimable pour les artistes, les archéologues et les savants, pour ne pas leur fiûre la &?eur d*aniénager d'une fiiçon pratique ce dépét, le plus précieux de toute l'Ombrie. Même avec la complaisance à toute épreuve du conservateur BI. Âlessandro et de la municipalité d'Assise, il est très difficile de profiter de ces trésors empilés dans une chambre sombre sans une table pour écrire.

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