Jean de Sdlibbur). Policral. éd. Mi^e, V
3. Parmi leurs sources de revenu on renoontre le droit de colla" gUim, par le paiement duquel les clercs acquéraient le droit de garder leiir concubine : Pierre le Chantre, Verb, abbrep, S4.
4. Y. Carmina Burana, Breslau, in-8*, 1883; PoUtical êong$ ofEngland publiés par Th. Wright, Londres, in-8», 1839; Pohitâ iwpulaireê laHmê du moyen âge y éd. du Héril, Paris 1847. Voir aussi Raynouardy Lexique ramant l, 446, 451, 404, la beUe poésie
do troubadour Pierre Cardinal, contemporain de saint François, sur les milheurs de l'Kglise, et Dante: luferno XIX. Si l'on veut avoir une idée de ce qu'un évêque de petite ville coAtail alors à ses ouailles, on n'a qu'à lire la bulle du \1 février 1219, Justis petcntiuni, adressée par Honorius III à ré\é(jue de Terni et renfermant le contrat par lequel les habitants de dette ville constituent la mense du siège épiscopal. Horoy, t. III, col. 114 ou dans le Bullavium romanum, t. III, p. 348, éd. de Turin.
5. Conosco sacerdoti che fanno gli usurai per formare un patrinumio da lasciareai loro spurii ; alti'i che tengono osteria eolV insegna del collare e vendono vino, . . Salimbene éd. Cantarelli, Parme 1882, 2 vol in-S^ t. U, p. 307.
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Les ordres monastiques n'étaieol guère plus respeotables. On eu avait vu surgir un grand nombre au onzième et au douzième siècle ; mais bientôt leur réputatioQ de sainteté provoquait les libéralités, et celles-ci amenaient fatalement la décadence.
Peu de communautés avaient eu la précaution des premiers moines de TOrdre de Grammont (diocèse de Limoges) : lorsque Ëtienne de Muret son fondateur, commença à montrer sa sainteté en guérissant un chevalier paralytique et en rendant la vue à un aveugle, ses disciples prirent l'alarme à la pensée de la richesse et de la notoriété qui allaient ainsi leur venir. Pierre de Limoges, qui lui avait succédé comme prieur, se rendit à son tombeau :
€0 serviteur de Dieu, lui dit-il, tu nous as montré le
chemin de la pauvreté, et voilà que tu veux maintenant nous iaire sortir du droit et difficile sentier du salut, pour nous mettre sur la voie large de la mort étemelle. Tu nous as prêché la solitudoi et tu vas la changer en une foire et en une place de marebé. Nous savons bien que tu es un saint I Tu n'as donc pas besoin do faire des miracles qui le prouveraient, mais qui détruiraient en nous rhumilité. Ke sois pas assez jaloux de ta réputation pour Taugmenter au détriment de noire salut. Voilà ce que nous te demandons et ce que nous attendons de ton amour. Sinon — nous te le déclarons par Tobéissance que nous t'avons promise jadis — nous déterrerons tes ossements et les jetterons à la rivière.»
Ëtienne obéit jusqu'à sa canonisation (ii89)» mais à partir de ce moment Fambition, l'avarice et la luxure envahirent si bien la solitude de Grammont, qu'elles
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firent de ses moines la fable et la risée du monde chrétien ^.
Pierre de Limoges n*a?ait pas tout à Tait tort en
craignant de voir son njooastère transformé en champ de foire : à l'ombre de la plupart des cathédrales^ les membres du chapitre tenaient de véritables débits de vin, et dans certains monastèies on n'hésitait pas à attirer les consommaleurs par des jongleurs de toute sorte et même des courtisanes ^.
Pour se foire une idée de la dégradation de la plupart des moines^ il faut Ure, non pas les apostrophes souvent oraloires et exagérées des prédicateurs» obligés de frapper fort pour émouvoir, mais parcourir les recueils de bulles, où les appels en cour de Rome pour des assassinats, des viols, des incestes, des adultères reviennent presque à chaque page.
On comprend que même un fnnocent III se soit senti bien faible devant tant de maux k conjurer, et qu'il ait été tenté de se laisser aller au découragement *.
Les meilleurs cœurs se tournaient Tors TOrient et se
demandaient si tout à coup l'Eglise grecque n'allait
1. V. Brevis hisloria Prior. Grandimunt. — StepJiani Tûrntc censis. Epist. 115, 152, 153, 15G, 1G2; Honorius III, édition iloroy, lib. I. 280, 2Si, 28G-288; II, 12, 130, 13G, 383-387.
2. Guérard, Cartulaire de N. D. de Paris, t. I, p. CXI; t. II, p. 40G. Cf. Honorius III, bulle : Inter atatuta du 25 juillet 1223, Jloroy, t. IV, col. 401. Voir aussi le canon 23 du concile de Béziers 1233; Guibert de Gemblours, epist. 5 et 6 (éd. Mignc) ; Honorius III, lih. IX, 32, 81 ; II, 193 ; IV, 10; UI 253 et 238; IV, 33, 27, 70, 144; V, 56, 291, 420, 430; VI, 214, 132, 139, 204; VU, 127; IX, 51.
3. V. BttUe Poêiquam voeanU Domino da 11 juillet 1200, Pottha8t2840.
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pas venir puriQer tout cela et recueillir l'héritage de sa sœur^.
Le clergé n*ëtaH donc plus respecté, mais s'imposait eocore par la terreur superstitieuse que Ton avait de sa puissance. Çà et là on aurait pu releyer bien des symptômes aQDOQçaot de terribles révoltes; les chemins de Rome étaient encombrés de moines qui allaient réclamer la protection du Saint-Siège contre les populations au milieu desquelles ils vivaient. Le pape prononçait régulièrement Tinterdit^ mais on ne pouvait songer à y recourir éternellement ^.
Pour maintenir les privilèges de TEglise, la papauté était souvent amenée k couvrir de sa protection . ceu\ qui la méritaient le moins. Ses clients d'odI pas toujours été aussi intéressants que linfortuoée Ingelburge. On serait plus à l'aise pour admirer sans restriction la conduite dlnnocent III » si on pouvait avoir la conviction qu'il s'agissait pour lui de soutenir la cause d'une pauvre femme abandonnée. Hais il n'est que trop évident qu*il voulait par-dessus tout maintenir les immunités ecclésiastiques. On le vit bien dans son intervention en faveur de Waldemar, éyêque de Sleswig.
Il ne faudrait pourtant pas croire que tout ne f&tque
4. V. Annales Stadenses [Hîonumey\ta Germarriœ historien^ Scnptoruin^ t. i6J, ad ann. 1237. Parmi les tableaux d'ensemble de la situation de l'Église au treizième siècle, il n'en est guère de plus intéressant que celui que nous a laissé le cirdinal Jacques de Viti7 (f 1244) dans son Hisioria occidentalis : Libri duo quorum prier OricntaliSf alter OccidenttUia historm nomine inscribitur Duaci 1587, in-16, p. 259-480.