CHAPITRE VI Saint François at Innooant III
(Été 1210 >).
Voyant augmenter cbaqne jour le nombre de ses
frères, François voulut écrire la Règle et aller à Rome la faire approuver par le pape.
Cette résolution ne fut pas prise à la légère. On aurait tort, eo effet, de le prendre pour un de ces
1. La date fixée d'ordinaire pour l'approbation de la Règle par Innocent III est celle du mois d'août 1209. Les Bollandistes avaient cru pouvoir la déduire du récit où Thomas de Celano (4 Cel. 43) rappelle le passage en Ombrie de l'empereur Othon IV allant se faire couronner à Rome (4 oct. 1209). Sur ce voyage, voir Bôhmer- Ficker, Regcsta Jmperii, Die Regesten des Kaiserreichs unter Philippt Oito IV, etc. Innsbruck 1879, in-4», p. 96 et 97.) Commtt ce récit vient après celui de TapprobatioD, Ils eo conciliaient que celle-ci était antérieure. Hais Thomas de Gelano a placé là ce récit, parce quil était amené par le contexte et non ponr en fixer répoque. Tout porte à croire que les Frères se retiraient (reoolligebat, i GeL 4S) à Rivo-Torto avant et après leur voyage à Rome. De plus, l'espace entre le S3 avril et la roi-août 1200, est beaucoup trop court pour tout ce que les biographes nous racontent sur la vie des Frères avant leur visite à Innocent III. La missioa à Florence a eu lieu en hiver, ou tout au moins durant un mois très froid. Mais l'argument décisif c'est qu'Innocent III quitta Rome vers la fin de mai 1209 pour aller à Viterbc, et ne revint que pour couronner Othon le 4 oct. (Potlhast 3727-3S03). Il faut donc absolument remettre à l'été de 1210 la visite des Pénitents au pape. C'est aussi la date à laquelle Wadding était arrivé.
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inspirés qui agissent brusquement à la suite de révelatioQS iDalteodues, et grâce k la foi qu'ils oot ea euxmêmes et en leor inraillibîlité, eu imposent h la foule. Il était au contraire pl^iu d'uue réelle humilité» et sll croyait que Dieu se révèle par la prière, il ne se dispeosa jamais pour cela de rénéchir, oi même de revenir sur ses décisions. Saint Booaventure lui fait parfaitement tort en montrant la plupart de ses résolutions importantes prises k la suite de songes ; c'est enlever à sa vie sa profonde originalité, k sa sainteté son plus rare fleuron. Il était de la race de ceux qui luttent, et pour employer une des plus belles expressions de la Bible, de ceux qui par leur persévérance conquièrent leur âme. C'est ainsi que nous le verrons retoucher continuellement la Règle de son institut, y revenir sans cesse jusqu'au dernier moment, k mesure que Taccroisseiiient de l'Ordre et l'expérience du cœur humain lui suggéreront des modifications^.
La -première Règle qu'il soumit k Rome ne nous est pas parvenue; nous savons seulement qu elle était fort simple et composée surtout de passages de rÉvangile. Elle n'était sans doute que la reproduction des versets que François avait lus k ses premiers compagnons, avec quelques préceptes sur le travail des mains et sur les occupations des nouveaux frères ^.